"On a retrouvé des cocktails molotov, il y a eu des dégradations" : la ministre Frédérique Vidal défend l'évacuation de Tolbiac au petit matin

DirectLCI
SECURITE - Les forces de l’ordre ont mené à 5 h du matin une vaste opération policière pour évacuer la faculté, occupée depuis le 26 mars dernier.

L’opération a pris moins d’une heure. Les force de l’ordres ont débarqué tôt, ce vendredi matin, sur le site de l’université de Tolbiac, bloqué depuis le 26 mars dernier. Le lieu emblématique de la mobilisation contre la réforme de l'accès à la fac a ainsi connu à 5 h du matin une vaste opération d’évacuation, pilotée par le préfet de police Michel Delpuech : ce sont au moins une centaine de CRS qui ont pénétré dans la tour de 22 étages. D’après notre journaliste sur place, l’ambiance a été tendue. 


Quelques minutes avant le début de l'intervention, les occupants des lieux avaient sonné l'alarme, semant la confusion. Certains se sont retranchés à l'intérieur tandis que d'autres tentaient de s'enfuir en escaladant la grille tout en lançant des projectiles sur les forces de l'ordre. La rue longeant le site, dans le 13e arrondissement, a été ensuite bouclée par la police. La situation était plus calme à 5h30, l'opération a pris fin vers 6 h. 

C’était hyper hyper violent, totalement disproportionnéUn étudiant de Tolbiac

D’après la préfecture, ce sont une centaine de personnes présentes sur place qui ont quitté les lieux dans le calme. Un individu a toutefois été interpellé pour outrage et rébellion. L'opération s'est déroulée "dans le calme, aucun incident", a résumé la PP. Quelques moments ont cependant été tendus.

En vidéo

Tolbiac : échange tendu entre une étudiante et un CRS

Mais des étudiants dénoncent une opération disproportionnée. "On a vu beaucoup beaucoup beaucoup de camions se garer devant avec du matos, on aurait dit franchement une scène de guerre. Ils sont rentrés, ils ont saccagés, ont arraché les banderoles, commencé à casser le matériel, mettre des grands coups. Des étudiants moitié endormis sous le choc, c’était vraiment horrible ; on pouvait juste rien faire y avait la bac, c’était hyper hyper violent, totalement disproportionné".

En vidéo

"On aurait cru une scène de guerre" : un étudiant raconte l'évacuation de Nanterre

Sur LCI, la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal a défendu "une opération nécessaire". "Depuis plusieurs semaines il était impossible de rentrer sur le site et les occupants commettaient à la fois des dégradations à l'intérieur mais aussi dans le quartier à extérieur.  Il était très important que ces lieux universitaires retrouvent leur liberté", a-t-elle dit. 


Des photos prises par la préfecture de police témoignent en effet de dégradations diverses.

Tolbiac sera fermé au moins la semaine prochaine, ce qui correspond aux périodes de vacances universitaires. Une sécurité sera maintenue sur le site. Car la ministre insiste : "On a retrouvé des cocktails molotov, il y a eu des dégradations commises. Il faut que tout ceci soit analysé, contrôlé et que la sécurité soit rétablie." 


La PP a de son côté relevé "des dégradations nombreuses" sur le site qui sont en cours de constatation "aux fins d’exploitation dans un cadre judiciaire". 

En vidéo

Les images de l'évacuation de Tolbiac

Ce type d’évacuation pourrait-il avoir lieu dans d’autres facs bloquées ? La ministre rappelle que les évacuations se font uniquement à la demande des présidents d’université. Sur certains sites, se tiennent uniquement des débats, et "il n’y a pas de risques sur les biens et les personneS", estime Frédérique Vidal. "Lorsque le président d’Université ne se sent plus en capacité de maintenir la sécurité des personnes, ils font appels au préfectures, et ce sont les préfets qui décident de l’opportunité d’intervenir ou pas."


L'intervention des forces de l'ordre à Tolbiac avait été réclamée dès le 9 avril par Georges Haddad, président de l'université Paris-1 dont dépend Tolbiac. "J'ai du mal à le décrire (le site) tellement je suis consterné par l'état du centre, un vrai capharnaüm. La violence, la drogue, le sexe même. On me l'a dit, et je crois que c'est vrai, il se passe des choses qui sont indignes", avait-il déclaré récemment.

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter