On a testé Taxify, l'application qui veut détrôner Uber à Paris

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EN VOITURE SIMONE ! - Un tout nouveau service de location de chauffeur pour particulier, nommé Taxify, s'est lancé la semaine dernière dans la capitale, avec l'ambition de concurrencer Uber, le leader du secteur. Pour en savoir plus, nous avons testé cette nouvelle application.

On en parle, on en parle, mais ça vaut quoi ? Ce mercredi matin, un peu par flemme et aussi un peu par curiosité, on a voulu tester ce nouveau venu sur le marché des VTC en France. Une fois installée, et après avoir enregistré notre carte bancaire, l’application se lance et affiche en quelques secondes sur l’écran un plan du quartier dans lequel prend pied la tour TF1, à Boulogne-Billancourt. C’est d’ici que débutera notre course à bord d’un véhicule de la flotte de Taxify.

Le temps d’attente, à 10h47, est de 8 minutes. Le même, à peu de chose près, que celui calculé par ses concurrents, Uber, Chauffeur privé et Allocab. Un premier bon point pour la startup estonienne qui revendique déjà 3000 chauffeurs opérationnels dans les rues de la capitale et 3000 autres en liste d’attente. Toutefois, dans les jours qui ont suivi le lancement de Taxify, plusieurs utilisateurs se sont plaint sur les réseaux sociaux du délai d'attente. Estimons-nous chanceux ! Deux minutes avant, une notification nous prévient de l'arrivée imminente du véhicule.

Vous avez commandé sur Taxify ? Bienvenue à bord !

L’application estime le prix de notre course dans une fourchette comprise entre 11,05 et 13,50 euros. Un prix relativement bas, au regard de celui proposé par ses concurrents (environ 30 euros), qui peut cependant être trompeur, étant donné qu’il est subventionné à 50% par Taxify durant un mois, histoire d’attirer les clients des autres plateformes de VTC. Dans le même esprit, afin d'attirer les chauffeurs qui roulent pour Uber, Taxify leur verse 5 euros en plus lors de chaque course. Il est 10h55. Pile à l’heure, notre chauffeur arrive bel et bien au pied de l’immeuble, au volant d’une berline noire, vitres teintées et sièges en cuir. 

En voiture, direction la place de la République ! Notre arrivée sur place est prévue à 11h38. L’accueil est cordial, et rien à dire non plus quant à la propreté du véhicule. "Vous avez commandé sur Taxify ?", me demande, un sourire en coin, le chauffeur quadragénaire, un ex-informaticien qui s’est reconverti il y a deux ans dans le transport de particuliers. A disposition, nous retrouvons les classiques bouteille d'eau, bonbons et chargeur de téléphone.

La commission pour la plateforme de VTC est de 15% chez Taxify, alors qu’elle est de 25% chez Uber et de 20% chez Chauffeur privé et AlloCab.- Notre chauffeur VTC

Le nouveau venu sur le marché des VTC, tout comme Uber, utilise l’application de navigation et d’infotrafic Waze pour indiquer à ses chauffeurs le trajet le plus rapide. Après un petit détour, à la suite d’un bug sur l’application de guidage, nous voilà en chemin. L'occasion d’en savoir un peu plus sur les avantages qu’offre Taxify par rapport à ses concurrents, autant pour les chauffeurs que pour nous les clients. Notre quadragénaire nous explique avoir commencé à utiliser Taxify la semaine dernière, plus précisément jeudi 5 octobre, jour de son lancement officiel en France.

A l’entendre, il semble plutôt en être satisfait : "La commission pour la plateforme de VTC est de 15% chez Taxify, alors qu’elle est de 25% chez Uber et de 20% chez Chauffeur privé et AlloCab, explique-t-il. C’est beaucoup plus intéressant pour nous, mais je continue de travailler pour Uber et AlloCab." Comme la plupart des chauffeurs de VTC, le nôtre utilise plusieurs smartphones, chacun connecté à une application différente.  "Je 'switche' sur les trois applications et je choisis mes courses en fonction du prix des commandes qui s’affichent à l’écran", confie-t-il.

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Kilomètres et temps de parcours

A en croire ce professionnel, le succès naissant de Taxify s'explique avant tout par l'offre promotionnelle qui coure jusqu'à la fin du mois. "Beaucoup de gens utilisent depuis une semaine Taxify à cause des 50% de réduction, on verra ce que ça donne le mois prochain, une fois que les clients devront payer plein pot leurs courses", soupire-t-il. Et cela d'autant plus que la startup estonienne a fait le choix de calculer le montant des courses au kilométrage, tout comme Uber, mais aussi en tenant compte du temps de parcours. 

"Pour nous, c’est beaucoup plus intéressant, car quand vous prenez avec Uber et qu’il y a des embouteillages sur le trajet, le client ne paye pas plus, explique notre chauffeur. Il m’est déjà arrivé de faire des courses d’une heure et quart pour gagner 19 euros, à cause des bouchons. Avec Taxify, en revanche, le prix de la course risque de flamber, notamment aux heures de grande affluence."

Ils m’ont contacté ce matin pour me demander si j’allais bien- Notre chauffeur de VTC

L'arrivée de ce nouveau concurrent semble inquiéter quelque peu Uber. "Ils m’ont contacté ce matin pour me demander si j’allais bien, je pense malgré tout qu’ils ont un peu peur de perdre des chauffeurs, qui seraient attirés par la commission avantageuse proposée par Taxify", nous raconte notre chauffeur. Depuis un peu plus d'une semaine, l'entreprise américaine a d'ailleurs décidé d'augmenter la prime accordée en cas de parrainage d'un nouveau chauffeur (au bout de 20 courses) qui est passée de 200 à 400 euros. Preuve, s'il en fallait, que le géant du VTC n'est pas si zen que cela.

Il est 11h35, nous sommes arrivés place de la République. Mon chauffeur à trois minutes d'avance sur le temps estimé initialement. Prix de la course : 12 euros. Pour comparer, nous avons utilisé Uber pour le trajet du retour. Le prix de la course, cette fois, est de 28,40 euros, pour une prestation de service équivalente. 

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