On fête les 15 ans du congé paternité : qu'en pensent les papas ?

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SOCIETE – Le congé paternité fête ses 15 ans ce mercredi 10 août. Entré en vigueur en 2002, il ajoute 11 jours aux trois journées d’absence prévues initialement par le Code du travail. Si 7 pères sur 10 en profitent, nombreux sont ceux qui ont à y redire.

Inscrit dans la loi en 2001 sous l’initiative du gouvernement Jospin, le congé paternité (entré en vigueur en 2002) fête ses 15 ans ce mercredi. Aux trois jours d'absence autorisés par le Code du travail, s’ajoutent depuis quelques années, un congé de 11 jours calendaires (18 jours en cas de naissance multiple), c'est-à-dire samedis, dimanches et jours fériés compris. Aujourd’hui, 7 pères sur 10 le prennent, mais sa durée continue de faire débat.

Onze jours est-ce assez ?

Pour Tony, jeune pompier de 26 ans dont le bébé est né par césarienne en juin, "la durée du congé paternité devrait être adaptée aux circonstances" de l’accouchement. "La situation n’est pas la même lorsque la mère met son enfant au monde par voie basse sans difficulté, ou par césarienne". A la suite de l’intervention chirurgicale, il est déconseillé à la mère de porter son bébé ou de bouger. Tony s’est occupé de tout pendant les dix premiers jours. "Comment font les couples qui ont déjà un premier enfant en bas âge si la mère ne peut pas bouger et que le père n’a que 11 jours ?".

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Ludivine* a également mis au monde ses jumelles par césarienne en 2011. Son mari a donc eu un congé paternité de 18 jours, qu’il a pris au bout de trois mois. "Pour que je puisse dormir", explique-t-elle à metronews. "J’avais besoin de repos". Elle admet cependant : "Mais 18 jours, c’est peu lorsque l’on a des jumelles et qu'on a subi une césarienne".

Autre possibilité : le congé parental d’éducation

Il existe bien un moyen de prendre un congé paternité plus long : le congé parental d’éducation . Dans ce cas, le salaire n’est plus versé et le papa est indemnisé par la sécurité sociale à hauteur de 500 à 600 euros. Seuls 4% des pères prennent ce congé, tant la rémunération est minime. Mais, ouvert à tout salarié ayant au moins un mois d’ancienneté dans son entreprise, le congé parental d’éducation présente l’avantage de pouvoir se partager entre les deux parents .

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Et le travail dans tout ça ?

Le congé paternité est un droit que l’employeur ne peut refuser d’accorder. Pour autant, comme le souligne France Info , le poste occupé par le père reste déterminant. Dans la fonction publique, où le salaire est intégralement pris en charge, 9 pères sur 10 en profitent. Dans le privé, où une indemnité journalière de 83 euros est versée, ils sont 8 sur 10 à le prendre. Pour Benoît Le Goëdec, sage-femme depuis vingt-huit ans, cité par France Inter , "au début, dire dans son entreprise 'je m'arrête en congé paternité', c'était un pas à franchir. Après, ça a basculé".

80% des salariés en CDI utilisent désormais leurs 11 jours de congé, contrairement à ceux qui ont des contrats courts. Mais pour certains, s’absenter du bureau 14 jours est impossible. Pour Billel Brahim, fondateur de la société Standing Transport , chaque absence est une perte sèche. "Même en étant associé, je ne peux pas me le permettre", explique-t-il.

Selon Benoît Le Goëdec, il faudrait allonger à un mois la durée du congé paternité. Le groupe de recherche pour un autre Code du travail estime lui, que le père devrait bénéficier du même congé que la mère. Le débat reste ouvert.

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