"On se sent un peu abandonnée" : le combat de Vanessa, travailleuse handicapée, pour retrouver un emploi

"On se sent un peu abandonnée" : le combat de Vanessa, travailleuse handicapée, pour retrouver un emploi

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TÉMOIGNAGE - Le handicap de Vanessa ne se voit pas mais est bien réelle. La jeune femme de 26 ans souffre de la maladie de Ménière qui lui fait perdre l'équilibre. Reconnue travailleuse handicapée, elle est actuellement sans emploi. Une situation loin d'être l'exception alors que s'ouvre ce lundi la 21e Semaine pour l'emploi des personnes handicapées.

Vanessa est atteinte de la maladie de Ménière. Cette pathologie de l'oreille interne lui cause des problèmes d'audition et d'importants vertiges. "Les premiers symptômes sont apparus vers l'âge de 11 ans", nous confie la jeune femme de 26 ans originaire du Val d'Oise. A l'école, c'était juste des acouphènes et des sifflements aigus qui ne m'handicapaient pas plus que ça".


Les premiers vertiges sont apparus vers l'âge de 17 ans. "J'ai dû quitter mon travail de serveuse car j'avais la tête qui tournait et le brouhaha constant me gênait". La jeune femme enchaîne alors les petits boulots, sans succès. "J'avais un manque de confiance en moi et je n'arrivais pas à garder un travail", explique-t-elle. 

Il y a trois ans, alors qu'elle est en poste dans une école maternelle, elle obtient le statut de travailleuse handicapée auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Mais les symptômes de sa maladie s'aggravent et elle préfère démissioner en mai 2016 "par sécurité pour elle et pour les enfants".

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C'est déjà dur de trouver un emploi, mais pour moi en tant que personne handicapée, c'est encore plus durVanessa, travailleuse handicapée

Vanessa est aujourd'hui sans emploi, comme 496.199 autres Français handicapés (+8,5% par rapport à juin 2016). Un chiffre qui représente 8,7% de l'ensemble des demandeurs d'emploi selon l'Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph). "Un demi-million de personnes au chômage, c'est le plus haut niveau jamais atteint", déplore Alain Rochon, président de l'Association des Paralysés de France (APF), demandant à l'occasion de la 21e semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées (SEEPH) qui débute ce lundi la "fixation d'un objectif chiffré" et la "mise en place d'une grande concertation". 


"C'est déjà dur de trouver un emploi, mais pour moi en tant que personne handicapée, c'est encore plus dur", déplore Vanessa. "Il y a beaucoup de métiers que je ne peux pas exercer et cela rend la recherche d'emploi beaucoup plus compliquée". 


Vanessa assure aussi s'être sentie "un peu abandonnée" pendant sa recherche d'emploi, notamment par la MDPH. "Quand j'ai obtenu mon statut de travailleuse handicapée, ils m'ont juste donné des pistes mais j'ai dû chercher des solutions toute seule". Depuis qu'elle a quitté son emploi en mai 2016, Vanessa s'est consacrée à chercher un emploi adapté à son handicap et doit bientôt démarrer une formation pour devenir secrétaire-assistante.

Faible niveau de vie des personnes handicapées

Près de 2,7 millions de personnes de 15 à 64 ans bénéficiaient en 2015 de la reconnaissance administrative d'un handicap ou d'une perte d'autonomie, selon les derniers chiffres du ministère du Travail. Parmi eux, 477.000 hommes et 461.000 femmes étaient en emploi. 


L'APF et l'Union nationale des entreprises adaptées (UNEA) s'inquiètent notamment du faible niveau de vie des personnes handicapées. Selon les derniers chiffres de l'Insee, leur niveau de vie annuel médian s'élève à 18.500 euros, soit 2.000 euros de moins que celui des personnes sans handicap. La hausse progressive à 900 euros mensuels de l'Allocation adulte handicapé est "une amélioration, mais on reste autour du seuil de la pauvreté", commente Eric Blanchet, notant une "précarisation et une fragilisation des populations handicapées".

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