#OnFerme, ce groupuscule d’extrême droite qui encourage à dégrader les centres pour réfugiés

SOCIÉTÉ

VANDALISME – Sur internet, un groupuscule d’extrême droite relaie les photos d’actes de vandalisme perpétrés envers des centres d’hébergements pour migrants. Une activité illégale contre laquelle plusieurs plaintes ont déjà été déposées.

C’est le nouveau petit jeu d’une poignée d’activistes d’extrême droite. Depuis le mois de septembre, le compte @OnFermeFrance a débarqué sur les réseaux sociaux. L’idée ? Publier, sur Twitter et Facebook, des photos de centres d’accueil aux réfugiés dont l’accès vient d’être condamné, à grand renfort de colle forte dans les serrures.

Et le but est clair : "Empêcher concrètement les immigrationnistes de travailler et les démoraliser" explique ainsi l'un des premiers tweets du groupe, qui se vante ainsi "d'actions potaches" destinées à "informer le public". A Châteauroux, à Strasbourg ou encore à Nantes, ce sont toujours les mêmes organismes qui sont visés. Parmi eux, Le Secours populaire, France Terre d’asile, la Cimade ou des petites associations.

C’est le cas de "Accompagnement Migrants Intégration" (AMI), situé à Nantes, qui reçoit une centaine de demandeurs d’asile par jour et prodigue bénévolement des cours de Français et d’instruction civique. Catherine Libault, présidente de l’association, confirme à metronews les dégradations répétées du local. "Depuis le mois de janvier, nous sommes particulièrement ciblés par des lettres anonymes. Mais il y a trois semaines, les dégradations ont commencé. On a d’abord reçu un pavé dans la vitre. A présent, des personnes viennent la nuit et le week-end mettre de la glue dans les serrures qui permettent d’accéder au local. C’est stupéfiant, en dix années d’engagement associatif, je n’avais jamais vu ça. Mais cela ne nous empêche pas de travailler, les services techniques de la mairie de Nantes sont très réactifs."

Laurent Ozon, ex-conseiller de Marine Le Pen

Contacté par metronews, les auteurs du compte Twitter @OnFermeFrance ont accepté de répondre à nos questions, "par écrit seulement". Mais loin d’eux l’idée de reconnaître avoir organisé cette pratique : "Ce compte publie les informations qu’il reçoit. Les actions consistant à prendre des photos ou à bloquer les portes sont totalement autonomes", se borne-t-on à affirmer, de manière anonyme. Dans la description Twitter du groupe, un lien renvoie néanmoins vers le site Mouvement pour la Remigration, créé par Laurent Ozon, ex-conseiller de Marine Le Pen évincé du Front national pour avoir accusé l’immigration d’être à l’origine de la tuerie d’Oslo , commise par Anders Breivik. Contacté par nos soins, Laurent Ozon a refusé de répondre à notre requête.

Et les activistes anonymes de s’amuser, entre ironie et subtiles insultes, de voir les journalistes s’intéresser de près à leurs actions. "Nous sommes un pot de miel pour journaliste (sic)", nous écrivent-ils ainsi. Entre autres amabilités, comme en témoigne la capture d'écran ci-dessous. 

Reste que leur action est illégale. L’AMI de Nantes a déposé quatre plaintes pour "dégradation et détérioration d’un bien d’autrui", en l’espace de trois semaines. "Leurs méthodes d’intimidation ne fonctionnent pas. Je ne fermerai jamais le centre," assure la présidente de l'association dégradée. Contactée, la mairie de Nantes, propriétaire des locaux, confirme qu'elle portera plainte de son côté dans les prochains jours.

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