Otages : avant Hervé Gourdel, ces Français morts en captivité

Otages : avant Hervé Gourdel, ces Français morts en captivité

TERRORISME - Depuis une trentaine d'années, plusieurs otages français dans le monde ont trouvé la mort pendant leur captivité ou lors d'une intervention destinée à les libérer. Retour sur ce décompte macabre.

Froidement exécuté par Jund al-Khilafa, ce groupe terroriste algérien se revendiquant de l’Etat islamique (EI), Hervé Gourdel vient s’ajouter à la triste liste de ces Français qui ont trouvé la mort pendant leur captivité ou lors d'une intervention destinée à les libérer. Une liste qui, depuis une trentaine d’années, ne cesse de s’allonger. En particulier depuis dix ans.

En 1985, Michel Seurat va marquer les esprits. Ce sociologue est enlevé à son arrivée à l'aéroport de Beyrouth le 22 mai. Son rapt est revendiqué par un groupuscule clandestin, le Djihad islamique, qui annonce sa mort en mars 1986. Longtemps resté disparu, son corps est retrouvé dans un chantier de construction au Liban avant d'être rapatrié en France, en mars 2006.

Aida Duvaltier connait le même sort en mars 2001. Cette Franco-Colombienne est enlevée en Colombie par des guérilleros de l'Armée populaire de libération (EPL), un groupuscule maoïste. Ses restes sont découverts le 12 février 2006, dans l'ouest du pays, près de la municipalité de Quinchia. L'otage serait morte 10 mois après son enlèvement.

Exécuté par ses ravisseurs

Quelques années plus tard, le 25 juillet 2010, Aqmi revendique l'exécution de Michel Germaneau. Un ancien ingénieur de 78 ans, enlevé dans le nord du Niger le 19 avril puis transféré au Mali. Un raid franco-mauritanien mené le 22 juillet pour tenter de le libérer --au cours duquel sept membres d'Aqmi ont été tués-- avait échoué.

Le 8 janvier 2011, Antoine de Leocour et Vincent Delory, deux jeunes Français enlevés la veille à Niamey (Niger), sont tués en territoire malien au cours d'une intervention militaire franco-nigérienne destinée à les secourir. Une information judiciaire est ouverte en juillet 2011 par le parquet de Paris. Des expertises de leurs corps, révélées le 3 février 2012, précisent les causes de leur décès : Vincent Delory est mort brûlé dans l'incendie du véhicule qui le transportait, tandis qu'Antoine de Léocour a été exécuté par ses ravisseurs.

Quelques mois plus tard, le 4 avril 2011, Stéphane Frantz Di Rippel et Yves Lambelin sont enlevés en compagnie d'un Béninois et d'un Malaisien par un groupe armé dans le Novotel d'Abidjan. Ce, alors que des combats post-électoraux font rage entre partisans du président sortant Laurent Gbagbo et de son adversaire Alassane Ouattara. Les corps de Stéphane Frantz di Rippel, le directeur de l'hôtel, et d'Yves Lambelin, chef d'entreprise, sont retrouvés le 1er juin.

Philippe Verdon qualifié d'"espion"

Marie Dedieu, une ancienne militante féministe de 66 ans, handicapée et gravement malade, est enlevée à son domicile sur l'île de Manda au Kenya dans la nuit du 1er octobre 2011. Elle est ensuite emmenée dans la région somalienne du Bas Juba, contiguë de la frontière kényane. Le 19 octobre, le Quai d'Orsay annonce sa mort aux mains de ses ravisseurs, des islamistes somaliens Shebab, selon Nairobi.

Dans la nuit du 12 janvier 2013, un commando des services secrets français débarque en Somalie et tente de libérer un agent de la DGSE, Denis Allex (un pseudonyme), capturé le 14 juillet 2009 à Mogadiscio par les islamistes radicaux shebab. Mais le raid échoue: l'otage et deux membres du commando sont tués, ainsi qu'au moins dix-sept shebab. Un autre agent de la DGSE enlevé en même temps que Denis Allex avait réussi à recouvrer la liberté en août 2009.

Dans la nuit du 24 novembre 2011, Philippe Verdon et Serge Lazarevic sont enlevés par des hommes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans leur hôtel à Hombori (nord-est du Mali), alors qu'ils sont en voyage d'affaires pour un projet de cimenterie, selon leurs proches. Le 20 mars 2013, un porte-parole d'Aqmi cité par l'agence mauritanienne ANI affirme que Philippe Verdon, qualifié d'"espion", a été exécuté le 10 mars en réponse à l'intervention de la France dans le nord du Mali. Ce décès est confirmé par le président François Hollande le 15 juillet, une semaine après la découverte de son corps au Mali. L'autopsie révèle qu'il a été assassiné d'une balle dans la tête.

Le 6 novembre 2013, la branche maghrébine d'Al-Qaïda revendique l'assassinat de deux journalistes français Ghislaine Dupont et Claude Verlon de Radio France internationale (RFI) le 2 novembre à Kidal, dans le nord-est du Mali, "en réponse aux crimes commis par la France contre les Maliens".

Lire aussi >> La France fait bloc après la décapitation de l'otage Hervé Gourdel

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