Otages libérés : ce que l'on sait de leur détention en Syrie

Otages libérés : ce que l'on sait de leur détention en Syrie

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LIBERATION – Les quatre journalistes, otages depuis dix mois en Syrie, sont de retour en France ce dimanche. Après l'émotion des retrouvailles, leurs témoignages, ainsi que les autorités, apportent des premiers éléments sur les conditions de leur détention. Metronews fait le point sur ce que l'on sait.
  •  Certains des geôliers parlaient français

Interrogé sur la présence de geôliers qui parlaient français, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a répondu : "Malheureusement oui !". "Il y a des Français, des Belges, des Italiens, des Européens en général, qui sont partis faire le djihad" en Syrie, a ajouté le patron du quai d'Orsay lors du Grand rendez-vous I-Télé, Europe 1, Le Monde.

  • Les otages déplacés à plusieurs reprises

"En tout, je suis passé par une dizaine de lieux de captivité", a raconté Nicolas Hénin, 37 ans, reporter à l'hebdomadaire Le Point. "La plupart du temps, avec d'autres personnes, notamment Pierre Torrès (le photographe indépendant âgé de 29 ans capturé le même jour, ndlr), qui m'a rejoint assez vite. Cela a été une longue errance de lieux de détention en lieux de détention", a-t-il poursuivi.

Des déplacements opérés parfois en urgence, comme le raconte un autre des anciens otages, Didier François, grand reporter à Europe 1 : "Parfois c'était un petit peu bousculé, les combats étaient proches, il est arrivé qu'on soit déplacés très rapidement dans des conditions un peu abracadabrantes", a-t-il affirmé.

  • Des conditions de détention difficiles

S'ils se montrent légitimement assez réticents à entrer dans les détails, les otages évoquent avec pudeur des conditions de vie difficiles. "On n'a pas toujours été bien traités", assure ainsi Nicolas Hénin, qui ajoute que les otages n'étaient, entre autres, "pas très bien nourris".

Au micro de sa radio ce dimanche matin, peu après son arrivée à Villacoublay, Didier François a parlé à son tour des conditions de détention, qu'il qualifie de "rudes" et "rock'n'roll" : "Sur les dix mois et demi", les quatre compagnons de captivité sont "restés dix mois complets dans des sous-sol sans voir le jour, un mois et demi entièrement enchaînés les uns aux autres", a expliqué le journaliste, évoquant beaucoup de "tension" et de "stress" du côté des captifs. "Dans un pays en guerre, ce n'est pas toujours simple, que ce soit la nourriture, l'eau ou l'électricité", a-t-il poursuivi.

  • L'un d'entre eux a tenté de s'évader

Nicolas Hénin, enlevé le 22 juin 2013 au nord d'Alep, avait entraperçu la liberté dès les premiers jours de son enlèvement. Il a en effet affirmé s'être évadé trois jours après son enlèvement, avant d'avoir été repris par ses ravisseurs au bout d'une nuit de fuite. "Le principal risque, je l'ai surtout pris trois jours après mon enlèvement, parce que je me suis évadé, que j'ai passé une nuit en liberté à courir dans la campagne syrienne avant de me faire rattraper par mes ravisseurs", a-t-il raconté dans une interview diffusée samedi soir par la chaîne France 24.

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