Où va (vraiment) l'argent des 4.398 radars qui essaiment les routes de France ?

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AUTOPSIE - Pour la première fois, la réponse à cette question est développée en détails dans un rapport officiel annexé au Projet de loi de finances de l'année 2018. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce dernier entend tordre le cou aux idées reçues, à commencer par la plus répandue : "Radars routiers = pompes à fric."

Radars routiers "pompes à fric"? Pas vraiment finalement si l'on en croit le rapport officiel publié ce mardi et qui tord le cou au cliché le plus répandu sur la question. Le document, annexé au Projet de loi de finances de l'année 2018, révèle que "la quasi-totalité des amendes radars (91,8%, soit 845,2 millions d'euros), a bien été consacrée à la lutte contre l'insécurité routière, notamment à travers l'amélioration du réseau routier, contre 8,2% (75 millions d'euros) affectés au désendettement de l'Etat". 


Mais comment sont donc répartis ces 845,2 millions ? Entre l'Agence de financement des infrastructures de transports de France à raison de 351,5 millions d'euros, les collectivités territoriales (254,7 millions d'euros) et la Délégation à la sécurité routière (239 millions d'euros), détaille le rapport qui pour la première fois, apporte une réponse développée à la question "à quoi sert l'argent des radars automatiques?" 

Bitumage, galeries de sécurité, panneaux de signalisation...

Dans le détail, ces centaines de milliers d'euros ont notamment servi au bitumage du réseau routier national, à la mise en sécurité de tunnels, au percement de galeries de sécurité, à la pose de panneaux de signalisation intelligents (panneaux à messages variables) ou encore à déployer et maintenir les systèmes automatiques de contrôle et de sanction.


Quant aux 8% restants, soit 75 millions d'euros, ils proviennent "uniquement des recettes liées aux amendes forfaitaires majorées".

Plus d'un milliard d'euros de recettes en 2018

"Ce premier rapport officiel, qui sera publié chaque année en annexe du Projet de loi de finances, témoigne du désir de transparence pour répondre aux détracteurs de la sécurité routière: on entendait que les radars c'était des pompes à fric, des recettes fiscales pour l'Etat", a expliqué à l'AFP Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière. Les 4.398 radars ne sont pas implantés "en considération d'intérêts financiers, mais uniquement pour contribuer à la réduction des morts et des blessés sur nos routes", fait valoir le ministère.


En 2016, le produit des amendes liées aux infractions de la route s'est élevé à 1,8 milliard d'euros, dont 920 millions d'amendes des radars automatiques. Les 897 autres millions correspondent aux amendes de stationnement et des contraventions émises par la police de circulation. En 2018, les recettes des radars qui n'ont cessé d'augmenter depuis 2003 devraient rapporter plus d'un milliard d'euros à l'Etat, tandis que la mortalité routière, elle, connaît sa troisième année d'augmentation consécutive.

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