Ouverture d'un dictionnaire de hiéroglyphes en ligne : on a essayé de déchiffrer l’égyptien ancien

Ouverture d'un dictionnaire de hiéroglyphes en ligne : on a essayé de déchiffrer l’égyptien ancien

LE PROJET - Une équipe d’égyptologues de Montpellier (Hérault) vient de lancer un dictionnaire d’égyptien ancien en ligne, destiné à la fois au grand public, mais qui vise aussi à devenir une source incontournable pour la recherche. LCI est allé voir.

Comme d’autres, vous avez peut-être rêvé, dans votre enfance, un temps, de devenir égyptologue. Fasciné par ces histoires de pharaons, ces constructions fantastiques, et surtout, surtout, ces mystérieux hiéroglyphes impossibles à déchiffrer. Et, aussi sans doute, par les aventures homériques d’Harisson Ford au pays de l’Arche d’alliance. Et puis bon, sur de (trop) raisonnables conseils parentaux vous avez laissé tomber votre carrière d’Indiana Jones. Mais votre âme de Champollion va peut-être se réveiller. 

Une équipe de chercheurs de Montpellier vient ainsi de mettre en ligne VEgA (pour vega-vocabulaire-egyptien-ancien.fr), un dictionnaire de hiéroglyphes en ligne. Un outil totalement novateur, en ce qu’il condense, en numérique, l’ensemble des avancées faites autour de ces hiéroglyphes. 

On a essayé... et c'est pas facile

L’outil, sur lequel sont pour l’heure recensées 4.500 hiéroglyphes, est ainsi ouvert au grand public, mais sert aussi aux chercheurs, spécialistes, étudiants, ou amateurs. Mais vise aussi à devenir une plateforme de recherche "incontournable", et "sans cesse actualisée".

Les hiéroglyphes, sur lesquelles Jean-François Champollion s’est arraché les cheveux avant d’entrer dans l’histoire avec sa pierre de Rosette en 1822, n’ont en effet pas encore livré tous leurs mystères. Et certains "dessins" restent, aujourd’hui encore, totalement impénétrables. Et pour les chercheurs, les ressources restent éparpillées. L a plus grande référence qui existe reste les cinq volumes du Wöerbuch der Aegyptischen Sprache, devenus en grande partie obsolète. VEgA permet ainsi de rassembler l’ensemble des connaissances disponibles, et de gagner comme ça du temps, pour les chercheurs. Un travail considérable, engagé depuis 2014.

Forcément, il fallait essayer. Cela tombe bien, le site est proposé gratuitement jusqu’à dimanche, avant de devenir payant, sur abonnement. Une inscription, et en quelques secondes, on se retrouve devant une barre de tâche, et un clavier numérique. Ca n’a pas l’air bien compliqué. Allez, défi : comment dit-on (écrit-on, plutôt) "je m’appelle" en égyptien ancien ? On commence à taper dans la barre. Bon, le moteur de recherche ne reconnaît pas la phrase. On va faire les choses une par une. "Je". 28 entrées. Ah oui quand même. Même ça, en égyptien ancien, ce n’est pas si simple.

Mais grosse modo, "je", symbolisé par ce symbole de scribe assis. On tape ensuite "appeler". Ah, déjà, c’est plus simple : six entrées s’affichent. Et ça se complique. Déjà, il n’y a pas un hiéroglyphe correspondant au mot, mais une suite de hiéroglyphes, suivant le sens donné à "appeler" : invoquer, réciter, prononcer... mêlant scribe assis, faucon, bras, dans différents ordres suivant les significations.  

Pfiou, pas si facile de jouer à Champollion. Chaque mot a en fait de multiples sens, déclinés en autant de suites de hiéroglyphes. Parfois, seule la position du bras du scribe change, changeant aussi la signification. Allez, parce qu’il fait beau dehors, on tape "soleil", dans la barre de tâche. Et là encore, la réponse n’est pas si simple. 

Rien que ça, 15 entrées. Parce que pour parler de la lumière du soleil, ou de l’éclat du soleil, ou de la position du soleil au zénith à midi, dessin de faucon, d’un faucon moins grand, d’une espèce d’œil avec des rayons, parfois d’une main ou d’une jambe... 

L’occasion de se rappeler que ces centaines de hiéroglyphes - faucon, disque du soleil, abeille, scarabée... - forment, suivant les combinaisons, d’infinies significations.

On reconnaît qu'on est sans doute (sûrement même) un peu trop néophyte pour comprendre réellement toutes les entrées de ce site, et même parfois, on l'avoue, toutes les explications... Mais le site est, assurément, une vaste mine de ressources : cinq chercheurs ont écumé, pendant 4 ans, 110.000 références bibliographiques. Le document explicatif de l’espace presse laisse percevoir l’ampleur des ressources à disposition.

Chaque entrée est, en effet, rattachée à une notice comprenant la "translittération" (c’est-à-dire, pour les néophytes, l’écrire permettant une lecture phonétique de l’égyptien ancien), ainsi que les graphies et la traduction en quatre langues. 

Le site est en "libre-service", donc gratuit jusqu’à dimanche, Faucon, avant de passer en formule payante, de 5 à 10 euros par mois, selon les abonnements. 

Allez voir, histoire de raviver un peu le souffle d'Indiana Jones. Nous, on va se reposer un peu les neurones, parce que ce périple au pays de l'Egypte ancienne nous a un peu...

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... fatigués, comme on dirait en hiéroglyphes !

> vega-vocabulaire-egyptien-ancien.fr. Gratuit jusqu'à dimanche, puis de 5 à 10 euros par  mois.

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