Un quartier hostile aux femmes à Paris ? Les autorités reconnaissent "un sentiment d'insécurité"

SOCIÉTÉ
HARCÈLEMENT - La ville de Paris et la préfecture de police ont reconnu vendredi "un sentiment d'insécurité" pour les femmes dans le quartier Pajol, dans le 18e arrondissement de Paris, affirmant y avoir déployé "un dispositif dédié" pour remédier à ce "harcèlement de rue".

Des femmes sont-elles interdites de circuler dans certains quartiers du XVIIIe arrondissement de Paris ? C'est en tout cas ce qu'affirme un article du Parisien publié vendredi qui fait état de situations de harcèlement de rue à l'égard des femmes dans le quartier Pajol, situé dans le nord de la capitale. Selon le journal, "plusieurs centaines de mètres carrés de bitume abandonnés aux seuls hommes". Pire encore, "cafés, bars et restaurants leur sont interdits".


"Nous avons toutes droit à un traitement insupportable", témoigne Nathalie, 50 ans au Parisien. Elle explique que depuis plusieurs mois, elle subit des "injures" et que l'ambiance est devenue tellement "angoissante" qu'elle en est venue à "modifier son itinéraire" et sa "tenue vestimentaire". "Certaines ont même renoncé à sortir de chez elles", assène-t-elle. Des femmes ont d'ailleurs lancé une pétition pour dénoncer cette situation, note le journal.

Si les femmes ne sont pas 'interdites' de circuler, il existe bel et bien un fort sentiment d'insécuritéMairie de Paris

Quelques heures après la publication de l'article, la mairie de Paris et la préfecture ont réagi à l'article du Parisien, reconnaissant "un sentiment d'insécurité" pour les femmes dans ce quartier. "La Ville de Paris et la Préfecture de Police ont identifié cette problématique depuis plusieurs semaines et déploient un dispositif dédié pour sanctionner les auteurs de ces actes et permettre au plus vite un retour à la normale", affirme vendredi un communiqué de la mairie.


"Le quartier de Pajol fait partie des zones prioritaires. Des situations de harcèlement de rue à l'égard des femmes y ont été constatées. Si les femmes ne sont pas 'interdites' de circuler, il existe bel et bien un fort sentiment d'insécurité", ajoute-t-elle, affirmant travailler avec la Préfecture de police et le Maire du 18e arrondissement, "à la mise en oeuvre d'un plan d'actions dédié". 


Il se traduira "à court terme, par une augmentation importante des contrôles de police, tout au long de la journée", et à moyen terme, par "des actions de sensibilisation à l'attention des commerçants et des acteurs locaux pour qu'ils contribuent à prévenir et à alerter sur tout acte troublant l'ordre public". 

Valérie Pécresse s'est rendue sur place

Interrogé par franceinfo, le maire du XVIIe arrondissement Eric Lejoindre reconnait lui aussi "une difficulté pour les femmes, mais aussi pour les hommes, à circuler sur cette place". Mais il se montre un peu plus mesuré : "Je ne pas sûr que la façon dont Le Parisien a décrit les choses soit exactement conforme à ce qui est vécu sur place".


La présidente de la région IDF Valérie Pécresse s'est rendue sur place vendredi après-midi pour "écouter le témoignage poignant des habitants de la Place de la Chapelle", selon un message posté sur Twitter. "J'en appelle au Président de la République! #insécurité", a-t-elle ajouté.

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