"Panama Papers" : le directeur de la Société Générale contre-attaque

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CONTRE-ATTAQUE – Mis en cause dans l'affaire "Panama Papers", la Société Générale s'est défendue mercredi à travers son Directeur général Frédéric Oudéa de tout manquement aux règles de transparences financières. De son côté, des sénateurs pourraient poursuivre le patron de la banque pour faux témoignage.

Opération déminage à la Société Générale. Au lendemain des révélations du Monde et du magazine de France 2 Cash Investigation sur les liens entretenus par la banque avec le cabinet panaméen Mossak Fonseca, soupçonné d'être au cœur d'un vaste système d'évasion fiscale, le Directeur général du groupe Frédéric Oudéa a dénoncé mercredi "les amalgames et les inexactitudes qui sont véhiculés concernant la Société générale" dans le cadre de cette vaste enquête qui porte sur 40 ans d'activités du cabinet d'avocats controversé.

Dans un article paru mardi, Le Monde , affirme ainsi que la banque française avait, le plus souvent via sa filiale luxembourgeoise, créé 979 sociétés offshore, dont "une centaine" ouverte avec le cabinet Mossak Fonseca "restent actives" aujourd'hui.

"Réexaminer les déclarations faites sous serment"

De son côté, le groupe CRC (Communiste, républicain et citoyen, CRC) a annoncé mercredi son intention de "saisir le bureau du Sénat" en vue de poursuivre en justice le responsable de la Société générale Frédéric Oudéa pour faux témoignage. Ce dernier a en effet été entendu en 2012 dans le cadre d'une commission d'enquête parlementaire sur l'évasion de capitaux. Témoignant sous serment, comme c'est la règle, le patron de la Société Générale affirmait alors : "La Société générale a fermé ses implantations dans les pays qui figuraient sur cette liste grise, mais aussi dans ceux que désignait la liste des États non coopératifs, c'est-à-dire en pratique, pour nous, à Panama."

"A l’évidence, les informations qui nous parviennent cette semaine contredisent fondamentalement" les déclarations qu'avait faites en 2012 sous serment M. Oudéa devant la commission d'enquête sénatoriale sur l'évasion des capitaux, dénonce aujourd'hui le Sénateur CRC Eric Bocquet, ancien président de la Commission parlementaire. "La gravité des révélations rapportées nous commande me semble-t-il de réexaminer les déclarations faites sous serment par le président directeur-général du groupe Société Générale à l’aune de ces nouveaux éléments", écrit de son côté la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann dans un courrier adressé au président du Sénat Gérard Larcher.

L'avocat de Jérôme Kerviel contacté

Frédéric Oudéa, lui, l'assure dans un entretien publié mercredi par L e Figaro , la Société Générale ne détient plus d'implantations au Panama depuis 2012. Le DG de la banque explique en outre que son établissement possède aujourd'hui "quelques dizaines de sociétés offshore actives structurées pour nos clients avec ce cabinet (Mossak Fonseca)." Une structure offshore n'est pas illégale en soi. La volonté de préserver la confidentialité de la détention d'avoirs peut avoir bien d'autres motifs que fiscaux, plaide le patron de la Société Générale. Cela peut répondre à des situations familiales complexes, ou à des précautions prises par des ressortissants d'État qui n'ont pas le même respect du droit de propriété que nos démocraties..."

EN SAVOIR + >>  Scandale "Panama papers" : une société offshore, qu'est-ce que c'est ?
"Toutes, sans exception, existent en transparence fiscale avec les autorités concernées, y compris pour les quelques cas qui concernent des résidents français", poursuit Frédéric Oudéa qui assure que sa banque connaît "systématiquement les ayant-droits de ces structures".

En attendant de démêler le vrai du faux dans les révélations de l'affaire "Panama Papers" et la confirmation ou non d'un possible parjure du patron de la Société Générale devant la représentation nationale, une vieille connaissance de la banque pourrait se rappeler à son bon souvenir rapidement. En effet, Eric Coquet a indiqué mercredi avoir contacté sur ce dossier et "à titre personnel" Me Koubbi, l'avocat d'un certain… Jérôme Kerviel.

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