Parents unis, éducation imparfaite... Les résolutions à prendre pour une vie de famille réussie

Parents unis, éducation imparfaite... Les résolutions à prendre pour une vie de famille réussie

INTERVIEW - A chaque nouvelle année vient le temps des bonnes résolutions en famille. Halte-là ! Pas la peine de vous mettre la rate au court-bouillon, comme à chaque fois, vous ne les tiendrez pas. "Et c'est tant mieux", martèle le pédopsychiatre Patrick Ben Soussan qui rappelle que l’éducation est une affaire trop sérieuse pour la laisser entre les mains de parents parfaits.

A chaque début d’année, c’est la même ritournelle : on se promet de passer plus de temps en famille, d'être plus patient avec ses enfants. En clair, on veut devenir MEILLEUR. Mais bien souvent, ces résolutions ont la même durée de vie que les fruits sur les étals des supermarchés : une semaine, voire 10 jours maximum. Pour le docteur Patrick Ben Soussan, pédopsychiatre à l'Institut Paoli-Calmettes à Marseille qui publie le 1er février De l'art d'élever des enfants (im)parfaits (Editions Erès), pas la peine de mettre la barre trop haut. 


"Chercher la perfection, c'est immanquablement se tromper, explique-t-il à LCI. Nous attendons tant de nos enfants, nous leur en demandons tellement. Ils doivent être notre accomplissement (...), l'objet d’un prodigieux bonheur, et voilà qu'en fait, ils contrarient régulièrement l'impérieux ordonnancement de nos vies. Etre parent, ce n'est pas une fête à chaque jour, vivre en couple ce n’est pas une sinécure, un bébé, ce n'est pas que fantastique." Pour autant, fort de ce constat, notre spécialiste édicte quelques grands principes. A suivre assurément...

Des résolutions rien que pour les parents

"Le meilleur conseil que l'on peut faire aux parents par rapport à l'éducation de leurs enfants, c'est d'être bien ensemble. Cela peut sembler une évidence mais n'oublions pas que ce qui constitue le socle parental, c'est d'abord le couple",  indique Patrick Ben Soussan.

  • 1Faites que ça se passe bien entre vous dans cette nouvelle année

    Ce qui fait du bien à un papa ou une maman, c'est l'autre. Il faut se garder de cette idée que l'on attend tout le bonheur du monde de notre enfant. Le bonheur, ça doit être avant tout notre conjoint : la tendresse, l'échange, l'élaboration commune, le partage des distractions, des plaisirs, c'est avec notre conjoint qu'on va le vivre. C'est fondamental. Si ce socle là est vraiment établi, alors avec les enfants ça se passera bien.

  • 2Pour continuer sur ce chemin à deux, il va falloir com-mu-ni-quer

    S'écouter, partager ses idées, ses opinions, ses engagements, ses désirs et ses goûts aussi. Enfin, tout cela revient à se parler, voilà la sève d’un couple appelé à durer. Ne jamais cesser de se parler, ne jamais en arriver à n'avoir plus rien à se dire, toujours écouter l’autre, ses mots, ses silences, ses attitudes, lui montrer combien sa parole, ses opinions et même ses éclats nous importent.

  • 3Se méfier de l'habitude

    Ça veut dire garder un brin de folie. La névrose, c'est aussi un gage de bonne santé. Savez-vous que la personnalité de votre conjoint influe sur votre santé ? Des études très scientifiques ont montré que si votre partenaire est "fantaisiste", voire un brin névrotique, vous vivrez en meilleure santé ! Et votre flamme sera assurément entretenue !

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Des résolutions avec ses enfants

  • 1Arrêtez de penser que les enfants, c'est que du bonheur

    "Philosophie magazine" publiait dans son numéro de mars 2009 un sondage réalisé par la Sofres, sur le thème : "Pourquoi fait-on des enfants ?" Sur les 1000 personnes interrogées, 60% ont répondu : les enfants "rendent la vie plus belle, plus joyeuse". Ça fait un peu béni oui-oui. La réalité c'est que quand on devient parent, on rentre dans une sollicitude anxieuse à l'égard de ses enfants qui va être continue. On en prend pour perpétuité.

  • 2Osez l'imperfection parentale !

    On fait au mieux, on s'attache à bien faire, on voudrait tellement bien faire… et puis on se rate. Ne vous prenez pas le chou indûment pour cela. Vous, nous, ne sommes pas des parents parfaits et "Dieu fasse" que nous ne le devenions jamais ! Il y en a un qui en connaissait un morceau sur le sujet, c'est Sigmund Freud. Sa réponse est célèbre, faite à une jeune mère de famille qui l'interrogeait sur comment bien faire avec son enfant : "Faites comme vous voudrez, de toute façon, ce sera mal !", lui rétorqua-t-il. A relire plus attentivement la formule, on pourrait y déchiffrer un double principe. D’abord : "Faites comme vous le sentez, élevez-le comme vous l'entendez, essayez, trompez-vous, recommencez, faites, agissez". Et puis, vient le "de toute façon, ce sera mal" qui rappelle que tout enfant ne manque pas de faire son lot de reproches à ses parents, qu’ils ont toujours mal fait ou pas assez, que les critiques de toute façon viendront, à leur heure, et que vous n’y échapperez pas.

  • 3Le burn-out maternel ne passera pas par moi

    L’épuisement parental n'existe pas. Il n'existe qu’un épuisement maternel. Voyez plutôt : combien de pères restent à la maison pour s'occuper de bébé ? 1,5% selon l'Insee. Combien prennent un congé parental d'éducation ? 4% - un chiffre quasi similaire à celui d'il y a dix ans. Mais pourquoi ne le font-ils pas ? 45% d’entre eux disent aimer leur travail et 40% craignent de s'ennuyer à la maison ou ne se sentent pas capables d'être "inactifs". Eh oui, vous avez bien lu, être mère au foyer, c’est être inactif ! Quelle hérésie... Alors mesdames, cette année, votez pour une répartition un peu plus égalitaire des tâches ménagères.

  • 4Fuyez les idéaux éducatifs

    Nous voulons que nos enfants soient autonomes, sociables et bienveillants dès leur berceau et nous espérons que cela durera longtemps. Nous serons alors si fiers d'eux. Et de nous par la même occasion. STOP. Arrêtez de vouloir que vos enfants correspondent trait pour trait à ce que vous voudriez qu'ils soient. Et demandez-vous plutôt : "Qui sont-ils ? Quels sont leurs goûts, leurs questions, leurs attentes ? Comment pouvons-nous aller à leur rythme, les aider à lâcher prise, à ne plus se vivre contraints ? Comment pouvons-nous faire le deuil, un peu, de nos idéaux et les laisser déployer tous leurs possibles ?".

  • 5Arrêtez de culpabiliser

    On a mal fait et alors ? Il n'y a pas mort d'homme. Relativisons. De toute façon on apprend le métier de parent en se trompant. Donc la fois d'après on va s'améliorer. Et on va montrer à son enfant qu'on est une personne humaine, qu'on a des défaillances, qu'on réagit mal parfois et qu'on n'est pas un robot. Arrêtez d'imaginer qu'il y a des recettes miracles qui permettent de devenir des parents formidables avec des enfants idéaux.

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