Paris : les toxicomanes du Jardin d'Éole seront-t-ils vraiment délogés mercredi ?

Paris : les toxicomanes du Jardin d'Éole seront-t-ils vraiment délogés mercredi ?

SOCIÉTÉ – Depuis le lundi 17 mai, les consommateurs de crack sont rassemblés par les autorités dans le jardin d'Éole au nord de la capitale. Face à l'exaspération des riverains, Anne Hidalgo a demandé une solution avant le mercredi 30 juin. Reste à voir si l'ultimatum sera tenu.

"Le 30 juin, c'est dans deux jours. On a du mal à croire qu'en 48 heures tout sera réglé. Quand on voit ce qu'il s'est passé ces dernières semaines avec des viols, un garçonnet de deux ans agressé et encore ce week-end avec les tirs de mortiers, on a du mal à se dire qu'en un coup de baguette magique, les enfants pourront de nouveau jouer dans le parc et les grands bouquiner sur les pelouses", ironise Claire, habitante de la rue d'Aubervilliers dans le 19e arrondissement, suite aux déclarations d'Anne Hidalgo il y a quelques semaines qui avait promis qu'à la fin du mois, il n'y aurait plus de consommateurs de drogue et de dealers sur le secteur.

Depuis le 17 mai dernier, sur décision des autorités, les toxicomanes du secteur Stalingrad dans le 19e arrondissement de Paris sont regroupés dans le jardin d'Éole, ouvert pour cette l'occasion jusqu'au 1 heure du matin. La mesure mise en place pour apaiser les tensions dans le quartier de Stalingrad et rendre la zone plus sûre n'a pourtant rien arrangé. Dès le mercredi 19 mai et tous les mercredis depuis, à 18 heures, les habitants manifestent pour protester contre cette décision prise sans concertation. 

Par ailleurs, tous les jours sur les réseaux sociaux ou dans les médias, les riverains du jardin d'Éole décrivent leur enfer : des personnes qui défèquent sur le trottoir, des individus qui se piquent devant les passants, des seringues devant une crèche, des bagarres diurnes ou nocturnes, des agressions sur les riverains, des vols...

"Un centre de traitement des crackeurs"

Fin mai, la présidente de l'Ile-de-France Valérie Pécresse (ex-LR) s'était dite prête à cofinancer une structure de soin pour les usagers de crack, conjointement avec l'État et la ville de Paris, lors d'un déplacement au jardin d'Éole. "Je propose que la région, l'État et la Ville de Paris se mettent autour d'une table et que nous financions un centre de traitement des crackeurs", avait déclaré Valérie Pécresse. "Il faut mettre en place les moyens médicaux, psychiatriques, de lutte contre les addictions", et "pas juste créer des places d'hébergement d'urgence", avait affirmé Valérie Pécresse qualifiant de "fiasco" le plan anti-crack lancé en 2019, auquel la région ne participe pas.

 "Seul un réseau métropolitain de lieux d'accueil et de répit, ouverts de jour comme de nuit, et associés à des solutions d'hébergement avec accompagnement social et médical, est à même de répondre durablement à la détresse des usagers et des riverains", avait  estimé le 7 juin, la maire de Paris Anne Hidalgo exigeant donc que le jardin soit rendu aux habitants d'ici fin juin.

La solution, qui devrait être là mercredi prochain si la promesse est tenue, a-t-elle été trouvée ? Difficile d'avoir la réponse à deux jours de l'ultimatum. 

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"Pas de commentaire" ou "pas de réponse"

Contactée par LCI ce lundi, la préfecture d'Île-de-France nous répond "pas de commentaire sur le sujet". Sollicitée en début de matinée ce lundi matin, la mairie de Paris n'a toujours pas répondu à notre demande en fin d'après-midi. Le ministère de l'Intérieur n'a pas apporté d’éléments pour le moment. 

Du côté de la préfecture de police de Paris, on nous explique que "la position du préfet de police est de trouver conjointement avec la mairie un autre lieu temporaire. En effet, ne pas trouver ce lieu temporaire est s'exposer au risque de voir la population toxicomane retourner sur Stalingrad". 

Le maire du 19e arrondissement, François Dagnaud est pour le moment le plus prolixe sur la question. "L'idée était que le 30 juin le jardin d'Éole soit rendu aux habitants. Nous avons eu l'occasion à plusieurs reprises de nous réunir avec les collectifs de riverains et les acteurs de la réduction des risques, nous sommes au travail pour préparer la réappropriation de ce parc. Pour cela, je ne suis pas inquiet, ça aura lieu. Le vrai sujet est : que va-t-il se passer pour les consommateurs de drogues et les dealers à la sortie du parc ? Que vont-ils devenir ? , insiste l'élu. Le travail est en cours mais je ne peux pas vous en dire plus pour le moment et ça n'est pas à moi de le faire."

Y aura-t-il alors vraiment du nouveau pour les riverains mercredi prochain ? "Oui, le dispositif se met en place", assure François Dagnaud. "Le parc sera rendu aux habitants le 30 juin et pour le reste, c'est un peu prématuré de communiquer", conclut le maire du 19e arrondissement. 

La communication officielle ne devrait donc pas se faire avant mardi, voire le mercredi 30 juin, jour J.

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