Paris : la communauté chinoise manifeste contre le "racisme anti-asiatiques"

DirectLCI
RAS-LE-BOL - Ils étaient entre 13 500 et 14 000 manifestants selon la préfecture de police de Paris, dimanche 4 septembre, à défiler dans les rues de Paris pour réclamer la "sécurité pour tous" et dénoncer le "racisme anti-asiatiques" après l’agression mortelle de Zang Chaolin, un père de famille de 49 ans, à Aubervilliers.

Il leur fallait faire entendre leur voix, soutenir et dénoncer. A l'initiative du Comité "STOP À LA VIOLENCE, SÉCURITÉ POUR TOUS", qui regroupe plusieurs associations de la communauté chinoise, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Paris pour dénoncer le racisme anti-asiatiques et réclamer la sécurité pour tous après l'agression mortelle de Zang Chaolin, en août dernier.


Vêtus d’un tee-shirt blanc frappé du slogan "sécurité pour tous" et aux cris de "sécurité, sécurité", les manifestants ont quitté la place de la République à Paris vers 15h00 pour se diriger vers la place de la Bastille. Au départ du cortège , sur la place devenu le symbole des rassemblements anti-terroristes, une immense banderole tachée de sang, montrait le nom de ce père de famille en posant une question : "Zang Chaolin, mort pour rien. Qui sera le prochain ?". Dans le ciel, d'énormes ballons blancs interrogent "Doit-on se faire justice soi-même?" et mettent en cause une "justice laxiste". 

Dans le cortège, de nombreux élus, dont Bruno Julliard, premier adjoint à la maire de Paris, Stéphane Troussel, président PS du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, ou encore la présidente du conseil régional d'Ile-de-France, Valérie Pécresse (Les Républicains). 


Cette dernière a même promis "des preuves d'amour" à cette communauté, dénonçant les "préjugés racistes" selon lesquels "les Chinois seraient plus riches". Elle a notamment évoqué plus de vidéoprotection, et une convention Etat-Région qui sera annoncée la semaine prochaine avec le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. 

Sur Twitter, le Premier ministre, Manuel Valls, a assuré "nos compatriotes d'origine asiatique" de son "soutien total", estimant "insupportables" les violences qui les visent. "La République sera intraitable", écrit le Premier Ministre. 

Il était venu en France chercher une vie meilleure... Un porte-parole de l'association des Chinois résidant en France

A la tribune, un porte-parole de l'association des Chinois résidant en France, a déclaré en chinois que Zang Chaolin "était venu chercher une vie meilleure, la liberté, l'égalité, la fraternité, il a trouvé la violence et l'insécurité. Ces voyous ont détruit notre confiance en la France : faisons entendre notre voix, notre Marseillaise". 


Membre de la communauté chinoise, l'acteur Frédéric Chau était également présent. Il est d'ailleurs l'auteur d'un spot diffusé sur YouTube en hommage à Zang Chaolin. Il a également été projeté place de la République. Parmi les personnalités mobilisées dans ce spot, Josiane Balasko, Shirley Bousquet, Pascal Sellem... 

Pourquoi cette mobilisation ?

Le 12 août dernier, un couturier de 49 ans, Zang Chaolin, est mort après avoir été agressé par trois jeunes, incarcérés depuis mercredi 31 août. Ces trois hommes en voulaient au sac de son ami, d’origine chinoise également. Il serait "tombé lourdement" sur la tête après avoir reçu un coup de pied au niveau de la poitrine, d'après une source proche du dossier selon l’AFP. 


 Les plaintes pour vols avec violences visant la communauté chinoise, très implantée à Aubervilliers, ont triplé en un an, passant de 35 à 105. "Ils ont réussi à fédérer toute l'Ile-de-France, cela démontre bien l'ampleur d'un phénomène d'insécurité : depuis fin 2015, à Aubervilliers, on a entre 5 et 10 vols avec agression par semaine", estime François Ormillien, avocat de l'association d'amitié franco-chinoise d'Aubervilliers, première plateforme d'import-export de textile d'Europe, selon l'AFP.

Qui est à l'origine de la mobilisation ?

Le comité "Sécurité pour tous" dénonce le climat de peur et d'insécurité qui règne à Aubervilliers depuis quelques années au sein de la communauté chinoise, cible de nombreuses agressions. Il met en cause les "autorités" qui "ont préféré fermer les yeux sur cette délinquance grandissante" parce que les "Asiatiques constituent la cible principale de ces agresseurs".


Le collectif "Sécurité pour tous" avait déjà rassemblé plusieurs milliers de personnes en 2010 et 2011 dans le quartier parisien de Belleville pour protester contre la violence dont la communauté chinoise était la cible. La mobilisation, déclenchée par une agression lors d'un banquet de mariage, avait été marquée par des échauffourées.

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter