Paris : la justice refuse de faire évacuer la fac de Tolbiac bloquée

Paris : la justice refuse de faire évacuer la fac de Tolbiac bloquée

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UNIVERSITÉS - Alors que la faculté parisienne de Tolbiac est bloquée depuis près de trois semaines, la justice a refusé de la faire évacuer comme le demandait un syndicat étudiant. Six personnes étaient toujours en garde à vue samedi soir après des échauffourées la veille.

Tolbiac, bloquée depuis trois semaines... Pour l’UNI, syndicat étudiant classé à droite, l’occupation de la fac parisienne constitue une atteinte au droit à l’éducation. L’organisation avait déposé une requête sur le sujet vendredi, pour tenter de lever le blocage. Mais la justice en a décidé autrement. 


Une juge administrative a en effet indiqué, dans une ordonnance consultée par l’AFP que l'approche des examens et les récentes dégradations perpétrées à l'intérieur de l'université ne constituaient pas "une situation d’urgence" justifiant un recours immédiat à la force publique, comme l’avait demandé l’UNI.

La magistrate a ainsi rejeté la requête, sans toutefois se prononcer sur l’existence "d’une atteinte grave et manifestement illégale" au droit à l'éducation mise en avant par l'UNI. Le syndicat voulait enjoindre au président de l'université d'exercer ses pouvoirs de police et de faire cesser l'occupation du site Tolbiac-Pierre-Mendès-France, bloqué dans le cadre de la mobilisation nationale contre les nouvelles modalités d'accès aux études supérieures. Dénonçant le rejet de sa requête, le syndicat UNI dénonce un « pourrissement » de la situation, et a annoncé qu'il entamerait lundi une nouvelle action en référé pour faire évacuer de force les bloqueurs.

Rixes vendredi soir

Pour Gilles Roussel, président de la Conférence des présidents d'université, "faire intervenir les forces de l'ordre dans un site où il y a, comme à Tolbiac, une seule entrée, des grilles, risquerait d'envenimer la situation". "Il y a un climat général qu'on sent monter, avec des risques d'affrontement", a-t-il expliqué à l'AFP. "Notre inquiétude c'est que ça se transforme non pas en débat autour de la loi mais en des scènes de violences auxquelles nous ne sommes pas en mesure de répondre", a-t-il poursuivi, précisant cependant que "la majorité des universités sont encore au travail".


La tension semble monter, en effet. Le même jour, vendredi, ont eu lieu, un peu avant minuit, des rixes entre plusieurs dizaines d’étudiants : des jeunes casqués, entre 20 et 30 personnes anti-blocage, armés notamment de battes de baseball, de bâtons et de fumigènes, ont lancé des projectiles contre des étudiants occupant le site. "Ils ont lancé des bouteilles en verre et des fumigènes dans le centre dont les grilles étaient fermées", a indiqué un responsable de l'université. Six personnes ont été interpellées après ces échauffourées, qui n'ont fait aucun blessé et ont duré moins d'un quart d'heure. Agés de 20 à 31 ans, les suspects faisaient tous partie du groupe venu défier les occupants de la faculté, et sont soupçonnés de "participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations" et de "violences volontaires en réunion et avec arme", ils ont vu leur garde à vue prolongée samedi en fin de journée, selon une source judiciaire.

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Comment se passe le blocage de Tolbiac

La présidence de l'Université "très inquiète"

"L'université condamne très fermement ces actes de violence venus de l'extérieur et regrette la situation au site Pierre-Mendès-France qui dépasse le cadre d'une mobilisation étudiante classique", a dit la présidence de l'université, qui "souhaite un retour à la normale le plus rapidement possible" et se dit "très inquiète".


Environ 300 personnes se trouvaient vendredi soir sur le site de Tolbiac, selon la présidence de l'université. Cette faculté a voté mardi en assemblée générale le "blocage illimité" dans le cadre du mouvement contre la loi portée par la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal et accusée par ses opposants d'instaurer un système de sélection. 

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