Paris : les consommateurs de crack de Stalingrad regroupés dans un parc du 18e

Paris : les consommateurs de crack de Stalingrad regroupés dans un parc du 18e

SOCIÉTÉ - La mairie de Paris et le ministère de l'Intérieur ont décidé de faire migrer les toxicomanes du quartier de Stalingrad (19e) à l'intérieur du jardin d'Éole (18e). Cette décision intervient après des tensions avec les riverains de l'avenue de Flandre notamment.

Ce sont des sources policières qui ont fait fuiter l'information avant qu'elle ne soit très rapidement confirmée par les autorités. Lundi soir, l'une d'elles a ainsi révélé que les consommateurs de crack, dont la concentration dans un quartier du nord-est de Paris a causé de récentes tensions avec les habitants, allaient être regroupés dès le 18 mai dans un parc du 18e arrondissement. 

"Il s'agit de ne plus permettre aux toxicomanes de squatter en soirée sur Stalingrad", le quartier principalement touché par ces problèmes de toxicomanie, "mais sur la partie haute des Jardins d'Éole qu'ils occupent déjà pendant la journée", a expliqué cette source policière à l'AFP.

Depuis hier, le parc situé, non loin de Stalingrad, au nord de Paris, "ferme plus tardivement, à 1h du matin, un horaire qui pourra être amené à évoluer", a-t-on précisé cette même source. "Ce n'est pas un site inconnu pour eux, c'est l'un des secteurs de Paris avec le moins de riverains, cela va impacter beaucoup moins de gens qu'à Stalingrad", a développé la source policière pour justifier ce choix, mûri après un "long travail de plusieurs mois avec la mairie de Paris".

"Une solution provisoire"

Des policiers seront déployés aux abords du parc lors de sa fermeture pour prévenir les rixes mais aussi dans le quartier de Stalingrad pour éviter une réinstallation en cours de nuit. "Il s'agit d'une solution provisoire", a-t-on insisté de même source.

"Ce n'est pas le fait de les téléporter de 500 mètres qui va changer la physionomie de la situation", a commenté auprès de l'AFP une autre source proche du dossier.

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Par ailleurs, le préfet de police de Paris a pris un arrêté effectif à partir de lundi soir pour interdire les distributions alimentaires et de seringues par les associations à Stalingrad. Ces distributions pourront toujours se faire près des Jardins d'Éole ou ailleurs.

Les discussions sur cette opération "sont en cours depuis février avec la ville" de Paris mais l'actualité a "conduit à envisager qu'elle puisse être organisée dans les prochains jours", avait annoncé la semaine dernière le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin au député Mounir Mahjoubi dans un courrier révélé lundi par ce dernier.

"Pas question de sacrifier le jardin d'Éole"

Dans un courrier adressé lundi au préfet de police, les adjoints Emmanuel Grégoire, Anne Souyris et Nicolas Nordman affirment "prendre acte" de la décision du préfet de police, et insistent sur le fait que l'ouverture prolongée des Jardins d'Éole pour les fumeurs de crack "ne peut être que temporaire". Ils fixent l'objectif que les riverains puissent "jouir de ce jardin en toute tranquillité dès l'été". Et la mairie d'appuyer : "Il n'est pas question de sacrifier les Jardins d'Éole."

Selon Emmanuel Grégoire, l'encadrement des usagers de drogues à l'intérieur du parc jusqu'à 1h a "pour objectif, de notre part, de ne pas subir une évacuation sèche de Stalingrad". Une évacuation sans redirection des usagers "n'aurait fait que repousser le phénomène de quelques dizaines, au mieux de quelques centaines de mètres ailleurs", a estimé le premier adjoint.

"Nous sanctuarisons l'usage familial des Jardins d'Éole sur les deux tiers du parc", une zone "reconquise" après avoir été confrontée rapidement, après son ouverture en 2007, à l'occupation des toxicomanes, a fait valoir Emmanuel Grégoire lors d'un point presse, qualifiant en outre de "risible" la proposition de Mounir Mahjoubi.

À la fermeture des lieux, dont l'heure pourra être réévaluée, "il faut que les usagers de drogue se dispersent et rentrent dans les lieux dans lesquels ils dorment", hébergements d'urgence ou résidences privées, espère l'élu socialiste.

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ARCHIVE - Au cœur du trafic de crack

Début mai, le parquet de Paris a ouvert une enquête après des tirs de mortiers d'artifice qui visaient un groupe de fumeurs de crack regroupés dans la rue et laissé craindre une escalade de la violence avec des riverains excédés qui ont rebaptisé leur quartier "Stalincrack". 

Lancé en juin 2019, un plan triennal "anti-crack" réunit la mairie, la préfecture de police, la préfecture de région, le parquet et les autorités de santé.

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