Paris : les guides touristiques dans la rue pour dénoncer une "uberisation" de leur métier

Paris : les guides touristiques dans la rue pour dénoncer une "uberisation" de leur métier
SOCIÉTÉ

MOBILISATION - Ce jeudi, les guides-conférenciers se mobilisent contre un projet d'arrêté interministériel prévoyant d'ouvrir la profession a un public plus large. Ils dénoncent une "uberisation" de leur métier.

"Guider est un métier et non un job d'été." Les guides touristiques sont en colère et ils vont le faire savoir. Ce jeudi, ils seront devant le Palais-Royal à Paris pour manifester contre un arrêté interministériel qui devrait fixer de nouvelles modalités d'obtention de la carte de guide-conférencier. 

"Ce nouveau texte prévoit d'ouvrir la profession à toute personne ayant un master et une année d'expérience dans la 'présentation du patrimoine'", détaille la vice-présidente de la Fédération nationale des guides-conférenciers (FNGI), Aude Deboaisne. L'arrêté précédent, daté de 2011, imposait une formation déterminée au niveau européen. Ce jeudi, les guides touristiques manifestent en amont d’une réunion d’information prévue le 7 novembre prochain entre le gouvernement et les principaux représentants de la profession (SPGIC, FNGIC, SNGC, UNSA et Ancovart).

C'est une dépréciation complète de notre profession- Aude Deboaisne, vice-présidente de la Fédération nationale des guides-conférenciers

"Est-ce bien le moment d'ouvrir la profession à des gens non formés alors que le nombre de touristes venant en France est en baisse (attentats, insécurité quotidienne, pickpockets) ?", s'inquiète le Comité d'action des guides-conférenciers. En effet, Aude Deboaisne affirme que sur les 11.000 guides-conférenciers travaillant en France, seuls 3000 en vivent. Aujourd'hui, elle dénonce une "uberisation" de ce métier. "C'est une dépréciation complète de notre profession", lâche-t-elle.

Alors que Valérie Pécresse vient d'annoncer une série de mesures pour relancer le tourisme en Île-de-France, dont le recrutement d'étudiants stagiaires pour guider les touristes, Aude Deboaisne estime que la région n'investit pas au bon endroit. "Plutôt que de faire appel à des étudiants, qui ne sont pas formés du tout, à part le fait de parler anglais, et qui ne connaissent pas le patrimoine, il serait plus pertinent de faire appel aux personnes qui se retrouvent au chômage." Le message sera probablement réitéré ce jeudi devant le Palais Royal.

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