Paris, Marseille, Lyon... : les auto-écoles manifestent ce mardi contre "l'ubérisation" de leur profession

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OPÉRATION ESCARGOT - Les patrons d'auto-écoles se mobilisent ce mardi dans plusieurs villes de France, à l'appel de leurs deux principaux syndicats. Ils protestent contre ce qu'ils perçoivent comme une "uberisation" en marche de leur profession.

Le rythme de limace qu'ont choisi d'adopter les patrons d'auto-écoles sur les routes de France ce mardi matin risque de provoquer bien des grimaces. Ils se mobilisent en effet dans plusieurs villes de France à l'appel de leurs deux principaux syndicats (CNPA et Unidec), contre la dématérialisation de l'inscription au permis de conduire, symbole, selon eux, d'une "uberisation" en marche de leur profession. 

De Marseille à Paris, en passant par Lyon, Toulouse et Nantes, l'opération escargot est de mise. Dans la Ville rose, les patrons d'auto-écoles se sont donné rendez-vous au Parc des expositions dès 7h30, pour une opération en direction de la préfecture. À Nantes, le départ du cortège était fixé à 9h au parc de la Beaujoire tandis que dans l'agglomération lyonnaise, des manifestants ont convergé de toute la région à 8h au parc de Gerland. À Paris, les manifastants ont pris la direction du Champ-de-Mars, via le périphérique, dès 8h30. 

"On va être entre 500 et 800 à Paris, 200 à Lyon et une centaine à Nantes, Marseille et Toulouse, soit environ 1500 en France. C'est une mobilisation réussie, sachant qu'il y a 10.000 auto-écoles en France", a affirmé à l'AFP le président du CNPA, Patrice Bessonne.

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Vers un enseignement à bas coût

Concrètement, l’inscription à distance des élèves au permis de conduire, les partrons d'auto-écoles ne veulent pas en entendre parler. "C'est la porte ouverte aux plateformes digitales employant des 'moniteurs indépendants illégaux' avec sa généralisation de travail dissimulé (non-paiement des charges sociales, TVA, etc...)", explique l'Unidec, deuxième organisation représentative. 

Cette possibilité d'inscription à distance est une "ligne rouge" de franchie d'après Patrice Bessone. "On perd la solennité de la démarche et on va généraliser un enseignement à bas coût", dont la qualité pédagogique n'est pas toujours avérée, annonce t-il. "Les jeunes subiront une double peine : ça leur coûtera au final plus cher financièrement (s'ils doivent passer plusieurs fois l'examen, ndlr) et aussi en termes d'accidentalité puisqu'ils n'auront pas un socle d'éducation routière solide" ajoute M. Bessonne.

On ne demande pas un monopole- Patrice Bessone - Président du CNPA-Education routière

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Selon Patrick Bessone, cette dématérialisation "se fait sous la pression des plateformes en ligne qui vont mal financièrement et veulent se relancer". Puisque le ministère de l'intérieur n'apporte pas de réponses "claires" selon ses dires, les syndicats demandent à être reçus par le cabinet du Premier ministre "pour qu'il fasse un arbitrage".

"On ne demande pas un monopole, on n'est pas contre l'inscription libre. On souhaite juste qu'elle se fasse sur une borne en mairie, comme pour la carte d'identité ou les passeports", explique M. Bessonne. En 2015, la France dénombrait 11.000 exploitants d'auto-écoles, employant au total 25.000 salariés, enseignants et personnel administratif.

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