Paris : la "maison close" de poupées sexuelles irrite des élus communistes

Paris : la "maison close" de poupées sexuelles irrite des élus communistes

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SEXUALITÉ - Ouvert depuis le 1er février dans le XIVe arrondissement de la capitale, un établissement de location de poupées sexuelles fait bondir les élus du groupe communiste-Front de gauche. Ils réclament tout simplement sa fermeture, arguant qu'il s'agit d'une nouvelle forme de "lieu de prostitution".

Un appartement parisien à l'ambiance tamisée, des pièces aux rideaux fermés et au milieu desquelles trône un lit. Sur ce lit, une femme nue semble attendre, le regard vide. Depuis le 1er février que Xdolls a ouvert ses portes, caché au cœur du XIVe arrondissement de Paris, elles ont déjà vu défiler du monde. "Les voisins ne sont même pas au courant !" confie Joaquim Lousquy au Parisien. C'est lui, le fondateur et gérant des lieux, du haut de ses 29 ans. 

Un appartement de 70 m² tout ce qu'il y a de plus classique ou presque. Les femmes qui peuplent les lieux sont… en silicone ! Des poupées sexuelles achetées plusieurs milliers d'euros pièce afin d'assouvir les fantasmes des visiteurs qui s'acquittent de 89 euros de l'heure en prenant rendez-vous par internet. "Ce sont des hommes surtout, 30-50 ans, plutôt CSP+ propres sur eux, ainsi que quelques couples qui viennent vivre une nouvelle expérience sexuelle", poursuit auprès du quotidien le maître des lieux, qui présente son entreprise comme une "maison close de location de poupées sexuelles pour adulte".


Tout pourrait aller pour son activité si Joaquim Lousquy ne devait pas faire face à la gronde des élus communistes et du Front de gauche parisiens. Ils ont décidé de demander la fermeture des lieux. Une question qui sera débattue mardi 20 mars prochain au Conseil de Paris. "Nous allons interpeller la maire de Paris pour étudier les procédures juridiques qui ont permis l’ouverture de cet établissement présenté comme une salle de jeu. Et que la ville envisage une procédure adéquate afin d’aller vers la fermeture de ces maisons closes", explique Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe rassemblant les deux formations.

"Une banalisation de la prostitution"

Pour les élus, Xdolls n'est rien de plus qu'un "lieu de prostitution avec un propriétaire pouvant être assimilé à un proxénète". Selon eux, le lieu donne "une image dégradante de la femme". "Nous assistons à une banalisation de la marchandisation du corps de la femme puisque l’on passe subrepticement de la femme objet à l’objet tout court", écrivent-ils.


Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, va déposer une question écrite au Sénat pour dénoncer les poupées "robots sexuels". Il déplore notamment que certaines, de par leur petite taille (dès 1,40 m) et leurs traits, rappellent des enfants. Ce qu'il apparente à une "banalisation de la prostitution" et "un moyen détourné pour amener l’acceptation par l’opinion du retour des maisons closes". 

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De son côté, Joaquim Lousquy prétend faire de la "location de jouets". "On parle d’un squelette de métal, avec du silicone par-dessus", martèle-t-il dans les colonnes de 20 Minutes. "Nous proposons quelque chose de carré, propre et légal. Si on doit se plier, on se pliera, mais nous n’allons pas nous laisser faire. Et j’invite ces élus à venir ici pour voir la clarté du lieu." Pas sûr qu'ils soient tentés par une visite des locaux…

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