Pas-de-Calais : la mairie de Norrent-Fontes déboutée de sa demande d'évacuation d'un camp de migrants

Pas-de-Calais : la mairie de Norrent-Fontes déboutée de sa demande d'évacuation d'un camp de migrants

VERDICT - Le tribunal de grande instance de Béthune a débouté ce mercredi la demande d'évacuation d'un camp de migrants, formulée par la municipalité de Norrent-Fontes. En cause, le fait qu'"aucune solution de relogement" n'ait été présentée pour les occupants du camp.

La mairie de Norrent-Fontes, dans le Pas-de-Calais, et des propriétaires privés ont été déboutés ce mercredi par le tribunal de grande instance de Béthune, de leur demande d'évacuation d'un terrain occupé par des centaines de migrants. Le tribunal s’est prononcé en leur défaveur, jugeant qu’"aucune solution concrète et durable pour le relogement" des migrants n’avait été pensée. En outre, les 200 à 300 personnes qui occupent ce terrain situé près de Calais, dans des conditions de grande précarité, ne peuvent être chassées sans solution de relogement. "Je suis satisfaite que la réalité du terrain ait été entendue : une expulsion n'aurait en rien amélioré la situation de ces personnes qui vivent certes dans des conditions difficiles mais qui l'aurait encore plus rendue dangereuse et précaire", a déclaré Me Julie Bonnier, l’avocate des migrants. 

Installé pour 30 personnes en 2012, le camp en abrite des centaines

Si le gouvernement a annoncé et entrepris le démantèlement de la "jungle" de Calais et que des moyens sont mis en œuvre pour trouver 12.000 places en centre d’accueil et d'hébergement (CAO) d’ici à la fin de l’année, l’avocate reste pessimiste : selon elle, les efforts de l’Etat restent "insuffisants".  "Les centre d’accueil et d'hébergement (CAO) ne permettent pas un vrai accompagnement. Les gens sont forcés d'y aller mais, à cause d'une mauvaise prise en charge, reviennent s'installer". A cela s’ajoute le désaccord de certains qui, après être parvenus à atteindre Calais depuis la Syrie, l’Irak ou l’Afghanistan dans des conditions terribles, ne veulent pas rebrousser chemin. Lorsque le ministre de l’Intérieur avait annoncé le démantèlement du camp, des centaines de migrants avaient affirmé qu’ils n'en bougeraient pas, leur but ultime étant de se rendre au Royaume-Uni.

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    Satisfaits seront donc ceux qui poursuivent ce rêve, après la décision du tribunal de Béthune. Selon le maire de la ville pourtant, Bertrand Cocq, le camp avait été installé en 2012 pour accueillir une trentaine de personnes. Ils sont désormais dix fois plus nombreux et "la commune (de 1500 habitants, Ndlr) n'est pas taillée pour mettre autant de personnes à l'abri lors des épisodes de grand froid". Or, pour Me Bonnier, chasser ces migrants reviendrait à les priver de l’aide sociale dont ils bénéficient en vivant dans cette commune. Aide dont ils ne sauraient se passer pour le moment. 

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