Pass sanitaire : le plus gros centre commercial lyonnais va-t-il réellement aller contre la loi ?

Comment se fera le contrôle du pass sanitaire dans les centre commerciaux ? Les arbitrages ne sont pas tombés et les professionnels mettent la pression. Selon eux, il est impossible de contrôler tout le monde, avec chiffres à l'appui.

RÉTICENCES - Le gérant d'un immense centre commercial situé à Lyon souhaiterait, à en croire certains messages, ne pas appliquer la prochaine loi imposant le contrôle des pass sanitaire à l'entrée. C'est en réalité plus compliqué.

Pour vous rendre dans un musée ou au cinéma, il sera indispensable de présenter un pass sanitaire à partir du 21 juillet. Une mesure qui va ensuite être étendue durant l'été et concerner dès le 1er août les centres commerciaux. Tous ? Pas totalement : seuls ceux qui affichent une surface supérieure à 20.000 m² sont concernés. Au total, si l'on se fie aux chiffres du conseil national des centres commerciaux, ce sont 396 centres commerciaux qui seront concernés, quasiment la moitié de ceux recensés à travers le territoire.

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Pour les gérants de ces places fortes du commerce, imposer le contrôle des pass sanitaires constitue une contrainte majeure. Des publications sur les réseaux sociaux laissent d'ailleurs entendre que certains pourraient passer outre les obligations. À Lyon notamment où "le directeur du centre commercial de la Part-Dieu [...] semble opposé au pass et se refuse à appliquer la loi", peut-on lire dans un groupe Facebook d'opposition aux mesures sanitaires. Une affirmation inexacte, même si les gérants affichent leur mécontentement.

Des files de plusieurs kilomètres ?

Avec environ 4.700 salariés dans les différents magasins et l'accueil de 33 millions de visiteurs par an, le centre commercial de la Part-Dieu fait dans la démesure. Il s'agit d'ailleurs du premier centre commercial de centre-ville en Europe. Ici plus encore qu'ailleurs, le contrôle du pass sanitaire à l'entrée représente un défi logistique. "Une mesure discriminatoire", a d'ailleurs estimé Jean-Philippe Pelou-Daniel, directeur du centre commercial. Ce dernier s'est adressé à la presse ces derniers jours afin de faire part de son opposition.

Pour parvenir à mettre en œuvre les contrôles nécessaires, il serait selon lui nécessaire de recruter 70 à 80 vigiles supplémentaires, vaccinés de surcroît. Et ce, d’ici à la fin du mois. Une mission qui lui "paraît impossible". Il souligne par ailleurs (à raison) que les vigiles ne sont théoriquement "pas habilités à procéder à des contrôles d'identité". Ils ne "peuvent pas se substituer à des policiers", argue le gérant. Contrairement à ce qu'indiquent des internautes, il n'est pour autant pas question de contourner la loi. Si les professionnels du commerce cherchent des compromis et échangent avec le ministère, Jean-Philippe Pelou-Daniel n'a pas manifesté de volonté d'aller à l'encontre des règles dictées par le gouvernement. Seulement, il plaide pour un report de l'entrée en vigueur au 15 septembre. Il est soutenu sur ce point par le président de l'association des commerçants du centre, Eric Amsellem.

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Au-delà de la situation de ce centre commercial lyonnais, c'est un secteur d'activité tout entier qui s'interroge depuis quelques jours. Olivier Delamarre, directeur des centres commerciaux français d'Unibail-Rodamco-Westfield a rapporté à France Info que via une série de tests, ses équipes ont estimé à environ 30 secondes le temps nécessaire "pour faire un contrôle de pass sanitaire avec un agent de sécurité". Une durée qui rend "matériellement impossible de contrôler" selon lui, puisque cela "aboutirait à des kilomètres et des kilomètres de queue"

Pour appuyer leur position et tenter d'obtenir du gouvernement qu'il revoie sa copie, les gérants de centres commerciaux avancent d'autres arguments et mettent en lumière ce qu'ils décrivent comme des incohérences. Le fait notamment que ces structures abritent souvent des pharmacies, où il est possible de réaliser tests antigéniques et autres injections de vaccins. "Si on commence à demander le pass sanitaire aux gens qui viennent se faire vacciner, ça n'a pas de sens", lance Olivier Delamarre.

Le Conseil national des centres commerciaux (CNCC), enfin, met en avant des questions économiques. La mobilisation d'agents de sécurité supplémentaires va en effet induire un coût significatif, en plus de demander une organisation rapide en cette fin juillet. Des aides sont-elles prévues ? Pour l'heure, cela ne semble pas à l'ordre du jour. Les centres commerciaux de plus de 20.000 m² s'estiment d'autant plus lésés qu'ils ont été fermés avant les autres lors des précédents vagues épidémiques, et que leur réouverture a été plus tardive. Autant d'éléments qui font l'objet d'échanges avec le ministère et qui continueront à être discutés d'ici au début du mois d'août. L'hypothèse d'un non-respect des règles sanitaires et lois en vigueur n'est toutefois pas à l'ordre du jour du côté des professionnels, contrairement aux messages qui ont pu être véhiculés ces derniers jours sur les réseaux sociaux. 

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