Pass sanitaire : les renseignements redoutent une "pérennisation" du mouvement de contestation

Pass sanitaire : les renseignements redoutent une "pérennisation" du mouvement de contestation

PROFIL - Des milliers de Français ont manifesté ce week-end contre le projet de loi sur le volet sanitaire et prévoient de faire de même le week-end prochain. Dans une note, les services de renseignement se disent surpris par cette mobilisation "très inhabituelle durant une période estivale".

Et si le pass sanitaire cristallisait toutes les oppositions aux privations de liberté qui découlent de la crise sanitaire ? Alors que celui-ci est étendu dès mercredi 21 juillet à de nouveaux lieux, comme les établissements culturels de plus de 50 personnes, et le sera en août aux restaurants ou aux transports longue distance, ses détracteurs ont commencé à donner de la voix ce week-end en défilant dans les grandes villes de France. 

Toute l'info sur

Variant Delta : la France face à une quatrième vague

Des citoyens et beaucoup de soignants

À l’échelle nationale, ils étaient plus de 114.000 à manifester samedi 17 juillet contre l’extension du pass sanitaire et l’obligation vaccinale pour les soignants. À Paris, l’opposition au projet de loi a rassemblé 18.000 personnes, selon la préfecture. Ce mouvement est regardé de près par les autorités, qui craignent que la vaccination ne prenne pas suffisamment, et en particulier par les services de renseignement. Dans une note préparée lundi 19 juillet et citée par Le Parisien, le Service central du renseignement territorial (RT) revient sur le profil de ces opposants et sur le mouvement, qu’il considère comme "structuré" et qui profite d’une "mobilisation (…) très inhabituelle durant une période estivale". 

Passant en revue les différents profils rencontrés dans les cortèges, les renseignements évoquent une "physionomie très hétérogène", avec la présence de "mouvances contestataires, des militants politiques, syndicaux ou associatifs, soignants, des professionnels impactés par les mesures sanitaires, de Gilets jaunes". Le RT note aussi une forte présence de soignants, concernés par la prochaine obligation de se faire vacciner contre le Covid, mais aussi de "citoyens lambdas", peu aguerris aux manifestations et pour certains venus en famille.

Un parallèle avec les Gilets jaunes

À l’aube d’une quatrième vague dont on ne connait pas l’ampleur mais aussi de nouvelles restrictions sanitaires, les renseignements s’inquiètent ainsi que le mouvement ne se consolide et que certains de ses participants ne se radicalisent. "À l’instar de ce qui s’est produit pour les Gilets jaunes, plus le conflit durera, plus le risque est grand que les plus déterminés, puis les plus radicaux, parviennent à en prendre le contrôle", alerte le RT pour qui une "pérennisation de la crise n’est pas à exclure".

Lire aussi

Si la grande majorité des opposants au pass sanitaire ne sont pas antivax, ces derniers ont toutefois un profil type, comme l’a rapporté la Fondation Jean Jaurès dans une étude sur le sujet. Ainsi, les plus hostiles au vaccin en France sont jeunes, 52% d’entre eux ayant entre 25 et 34 ans, et en majorité des femmes : 50% des antivax sont des femmes, contre 35% d’hommes. De nouveaux appels à manifester ont été lancés pour samedi prochain, alors que le projet de loi pourrait avoir été voté la veille à l’Assemblée nationale. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Covid-19 : le nombre de patients hospitalisés repasse au-dessus de la barre des 7000

Renvoi du Premier ministre, accusation de "coup d'État", manifestations... Que se passe-t-il en Tunisie ?

EN DIRECT - Covid-19 en France : le nombre de contaminations près de 50% plus haut que mardi dernier

Le tableau des médailles des JO de Tokyo : la France 9e, le Japon en tête

Vaccination : il y a désormais "une décorrélation entre les hospitalisations et les diagnostics", affirme Olivier Véran

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.