Pauvreté : les bidonvilles ont désormais leur charte

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PAUVRETÉ - Plusieurs organisations défendant les mal-logés et les droits de l'Homme ont présenté mercredi à Paris une charte pour le respect des droits des personnes vivant illégalement en bidonville. Elle sera affichée à l'entrée des bidonvilles occupés principalement par des personnes de la communauté Rom.

"Aucune expulsion ou évacuation n'est possible sans solution d'hébergement" ou "chacun a droit à la reconnaissance et au respect de son domicile". À partir de samedi, u ne charte sera affichée à l'entrée des bidonvilles français . Dix-neuf articles en tout, avec un objectif : que les habitants de ces habitats insalubres aient en tête leurs droits face aux autorités. Elle sera également rédigée en roumain et en bulgare.

Il y avait urgence pour les associations. En effet, selon un avis du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées (HCLPD), le nombre de personnes évacuées de force de campements a doublé entre 2012 et 2013, passant de 10 469 à 21 537.

Trente associations signataires

Une façon également, de rappeler aux pouvoirs publics que les expulsions doivent suivre des règles bien précises. En effet, une circulaire de 2012, préconise de trouver des solutions de relogement avant chaque évacuation et recommande un accompagnement des populations, pour éviter la déscolarisation et favoriser le suivi médical des familles. Une circulaire "tellement pas respectée qu'on se demande si elle existe toujours", selon Geneviève Garrigos, présidente d'Amnesty international France, qui a rappelé qu'elle avait été signée par sept ministres dont Manuel Valls."

Trente organisations, dont Amnesty International, Emmaüs ou la Fondation Abbé Pierre, ont aidé à la rédaction de la charte. Elles ont donné rendez-vous samedi au camp des Coquetiers, à Bobigny, pour installer symboliquement le texte à l'entrée du camp. Ce bidonville, détruit à plusieurs reprises, est encore une fois menacé d'expulsion. nous ne connaissons pas le détail des propositions d'Adoma, le bailleur social qui doit les reloger, ni les engagements par rapport aux familles avec des enfants en bas-âge" indique Amnesty International. Le camp héberge 90 familles, principalement issues de la minorité Rom. 

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