Payé à ne rien faire, le lanceur d'alerte de la SNCF va-t-il avoir un nouveau poste ?

SOCIÉTÉ
EPILOGUE ? – Charles Simon, cadre supérieur de la SNCF payé 4800 euros par mois depuis douze ans à ne rien faire pourrait être réaffecté à la rentrée. "Placardisé", celui qui se considère comme un lanceur d'alerte demande des réparations du préjudice à son employeur.

Depuis douze ans, Charles Simon est dans une situation ubuesque. Ce cadre supérieur de la SNCF est en effet grassement payé… à ne rien faire. En cause : un conflit avec son employeur. Placardisé, il dénonce son inactivité. De son côté, la SNCF lui reproche d'avoir refusé les affectations et solutions qui lui ont été proposées, selon des informations obtenues vendredi par l'AFP, confirmant une information du Point .

L’histoire de Charles Simon commence donc en 2003. Entré en 1991 à la SNCF, il est détaché cette année-là auprès de sa filiale Geodis Solutions, société de transport et de logistique, où il découvre "une fraude de 20 millions d'euros au préjudice de la SNCF", rapporte l’hebdomadaire Le Point. Une fraude qu’il assure avoir fait remonter à sa hiérarchie dans un rapport confidentiel avant d’être mis à disposition de la SNCF, qui ne lui proposera ensuite aucune affectation particulière. Sa carrière est alors stoppée en plein vol.

4800 euros nets, sans rien faire

Depuis, l’histoire traîne et Charles Simon reste chez lui. Il envoie des courriers à Guillaume Pépy, le président de la SNCF ; en 2011, il attaquera son employeur devant les prud’hommes, et sera débouté. En douze ans, il assure n’avoir reçu quatre propositions de postes, pour lesquels il n'a pas été accepté "après les entretiens parce (qu'il est) un lanceur d'alerte".

Sur son compte en banque, tous les mois, le même ballet des virements automatiques de son salaire de près de 4800 euros nets. De son côté, la SNCF explique que cet employé n'a déposé aucune plainte contre la mauvaise gestion qu'il dénonce, et considère l'attitude de Charles Simon "comme mal intentionnée", précisant qu'il a "refusé toutes les solutions proposées, reclassement ou négociation financière pour quitter l'entreprise", selon un porte-parole du groupe.

Une affectation au 1er septembre ?

La SNCF a précisé par ailleurs mettre fin à toute négociation sans lui verser "un euro de dédommagement" – le quinquagénaire réclame 500.000 euros – et a annoncé que le Saint-Quentinois "sera affecté à un nouveau poste à partir du 1er septembre". Une annonce qui passe très mal ce samedi auprès de Charles Simon, tant sur la forme que sur le fond.

Auprès de l’AFP, il qualifie cette offre de "mutation disciplinaire" et explique qu'il n'était pas au courant de cette proposition. Et de réclamer la reconnaissance de son statut de "lanceur d'alerte" et l'application de la loi Cahuzac qui protège ces derniers. A BFMTV , Charles Simon confie qu'il préférerait une négociation de ces conditions de départ. Des négociations qui semblent compliquées, voire coincées des deux côtés.

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