"PD", pas une insulte homophobe : une pétition exige des excuses des Prud’hommes de Paris

"PD", pas une insulte homophobe : une pétition exige des excuses des Prud’hommes de Paris

COIFFEUR LICENCIE - Une pétition sur change.org réclame au conseil des Prud’hommes de Paris de formuler des excuses après un jugement polémique. En juillet 2015, elle avait en effet estimé que l’insulte "PD" ne revêtait pas de caractère homophobe, lorsqu’elle s’adressait à un coiffeur.

L’affaire avait fait grand bruit. Le 7 avril dernier apparaissait sur les réseaux sociaux l’extrait d’une décision prudhommale pour le moins étonnante. Dans l’affaire d’un coiffeur licencié après s’être fait appeler "PD" dans un SMS envoyé par erreur par la gérante de son salon, le tribunal a rejeté le caractère homophobe de cette injure, "car il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles, notamment dans les salons de coiffure féminins, sans que cela ne pose de problèmes."

Aujourd’hui, ils sont nombreux à réclamer des excuses de la part de la juridiction. A l’heure actuelle, ils sont près de 26.000 pour être précis. C’est en tout cas le décompte affiché sur la pétition "Prud'hommes de Paris : Révision et excuses pour le jugement sur le terme 'PD'!'  hébergée sur la plateforme change.org , créée voilà à peine une semaine.

EN SAVOIR + >> Pour les Prud'hommes de Paris, "PD" n'est pas une insulte homophobe

"Moi aussi victime d'insultes..."

A l’origine de cette pétition ? Un certain Félix Pariente Lorenzetti, lycéen parisien de 19 ans. Bien qu’il ne connaisse aucune partie concernée par cette affaire, il s’est senti ciblé, comme beaucoup d’autres, par la décision de justice. "Je fais partie de la communauté gay, explique-t-il à metronews ce jeudi." "Au départ, quand j’ai vu passer cette information sur les réseaux sociaux, j’ai cru à une plaisanterie. Quand j’ai compris que cette décision était bien réelle, j’ai trouvé cela aberrant." Et l’étudiant de poursuivre : "Pour avoir été moi aussi victime dans mon enfance de ce genre d’insultes, je suis choqué qu’une institution comme la cour des Prud’hommes encourage ces discriminations."

Quant à l’autre requête de cette pétition - à savoir la révision du jugement - elle est déjà enclenchée, maître David Caramel, qui défend la victime, ayant fait appel dès l’énoncé du premier jugement. Pour l’heure, la date d'une seconde audience n’est pas encore prévue. Seule certitude : le Défenseur des droits, qui se tient aux côtés du coiffeur licencié depuis le début de ses démarches, représentera une nouvelle fois la victime lors de sa prochaine visite au tribunal.

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