Pédophilie : plus de 40.000 personnes signent l'appel à la démission d'un prêtre à l'encontre du cardinal Barbarin

JT 20H - Depuis plusieurs années, le cardinal Barbarin est poursuivi pour non-dénonciation d'une dizaine d'agressions sexuelles commises par un prêtre de Lyon. Sa démission est alors réclamée.
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PÉDOPHILIE - Alors qu'il doit être jugé en janvier pour non dénonciation de crime pédophile en janvier 2019, l'archevêque de Lyon est visé par une pétition lancée par le prêtre Pierre Vignon, appelant à sa démission pour son comportement dans ce dossier.

Il a pris l'appel du pape au pied de la lettre. Au lendemain de la demande formulée lundi 20 août par le souverain pontife, qui exhortait les catholiques à travers le monde à monter au front contre les crimes pédophiles, le prêtre Pierre Vignon, acteur de la lutte contre la pédophilie au sein de l'église catholique, a décidé de lancer une pétition pour réclamer la démission du cardinal Barbarin : "Je vous demande publiquement et sans détour de donner votre démission de cardinal et d'archevêque de Lyon dans les plus brefs délais."

A l'origine de cet appel, rédigé sur le site change.org et qui a réuni 43.000 signatures pour le moment ? Les plaintes formulées à l'encontre du patron du diocèse de Lyon, qui a reconnu avoir contribué à protéger des religieux accusés d'actes pédophiles. "Vous seriez enfin à la hauteur de l'événement. Vous avez reconnu vous-même des erreurs de gestion. Pourquoi resteriez-vous indéfiniment en place après les avoir commises ?" demande à Pierre Vignon à son supérieur hiérarchique. "Vous auriez dû la remettre après votre lapsus 'Grâce à Dieu, les faits sont prescrits' [en 2016, ndlr].

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"Pas à la mesure des enjeux"

Cité à comparaître pour non-dénonciation en janvier 2019 pour non-dénonciation d'agression sexuelle sur mineurs, le cardinal Barbarin est poursuivi par l'association "La Parole libérée", dont le fondateur, François Devaux, a été victime du père Preynat, en 1990. Lui comme des dizaines d'autres victimes réclament justice alors que le prêtre, tout comme nombre de ses semblables, a pu conserver ses activités, quand d'autres en ont bénéficié de longues années en dépit de leur condamnation.

"Je réalise que ma réponse d'alors n'était pas à la mesure de l'enjeu", avait admis le cardinal Barbarin en août 2017 dans un entretien au Monde, tout en jugeant "injuste" d'être accusé d'avoir couvert les faits. Il avait effectivement rapporté les accusations à sa hiérarchie, sise à Rome - elle-même accusée d'avoir couvert les faits à l'échelle mondiale - mais pas à la justice.

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