Peluches en vraie fourrure : des défenseurs des animaux montrent les dents

Peluches en vraie fourrure : des défenseurs des animaux montrent les dents
SOCIÉTÉ

POLÉMIQUE – Une enseigne de luxe fabriquant des peluches en vraie fourrure et vrai cuir animal provoque la colère des vegan et défenseurs des animaux, qui ont lancé une pétition en ligne largement plébiscitée. Contactée par LCI, la présidente de la société visée affirme avoir reçu des "milliers de menaces".

Ils ont l’air plutôt inoffensifs ces nounours, ébouriffés et patauds avec leur nœud de velours autour du cou. Pourtant, depuis quelques jours, ils figurent au cœur d’une violente vague de contestations. La raison : au lieu d’être fabriquées en matière synthétique comme nombre de leurs congénères vendues en grandes surfaces, ces peluches-là sont confectionnées à partir de vraie fourrure et de vrai cuir animal, comme l’ont d’abord repéré nos confrères de Konbini.

Yeux en agneau cousu, nez en cuir et poils en fourrure naturelle, ces doudous sont en fait des produits de luxe dont le prix varie entre 180€ le porte-clefs et 1800€ pièce la grande peluche. Derrière leur fabrication ? L’enseigne "Histoires de bêtes". Selon les informations disponibles sur son site internet, elle a créé sa marque en 2014 pour commercialiser des produits fabriqués à la main depuis 1980. Son credo : des peluches de luxe made in France, pour "un supplément d’âme et de douceur". 

"Nous faisons les choses de manière éthique"

Cette boutique en ligne, parfois exposée en concept-stores, se retrouve désormais dans les radars de Valérie Ducrocq Coupé, une internaute se présentant comme éducatrice canin. Le 31 décembre dernier, elle a lancé une pétition, hébergée sur MesOpinions.com. Elle connaît depuis un succès fulgurant : en quatre jours, elle a déjà reçu plus de 20.000 signatures de soutien contre la marque. Contactée par LCI, l’auteure de la pétition pousse au boycott de l’enseigne et argue : "On n’utilise pas un animal pour son plaisir. Il existe déjà plein de matières, qui ne sont pas basées sur l’exploitation animale." Et d’ajouter : "L’utilisation inutile d’un animal pour fabriquer un gadget, ça me dépasse."

Reste que l'engouement suscité par la pétition semble prendre des proportions incontrôlées. LCI a ainsi contacté Kiama Colas, la présidente d"Histoires de bêtes".  Elle nous affirme avoir reçu, en quelques jours, "des milliers de messages d'insultes, d'injures et de menaces de mort". "J'ai dû enlever les mentions légales du site car je me fais harceler, ainsi que certains de mes proches qui n'ont rien à voir avec l'entreprise. Je suis terrorisée par les proportions que cela prend" confie-t-elle. 

Kiama Colas dit cependant comprendre certaines critiques. "On peut être opposé à la fourrure, pas de soucis. Mais il se trouve que nous faisons les choses de manière éthique. Notre éleveur de visons est installé en France, des associations de défense des animaux lui rendent visite, il a trente ans de métier. Tout est fait en France. Par ailleurs, nous produisons très peu de pièces : j'en suis actuellement à une dizaine de peluches par mois."

Plainte ?

En attendant, "Histoires de bêtes" n'est pas la seule société à faire les frais de la colère de certains défenseurs en ligne des animaux. Le concept-store "L’atelier des jeunes créateurs", qui a déjà exposé dans sa boutique de Saint-Tropez les fameux ours en vraie fourrure, a publié une mise au point sur Facebook, affirmant avoir reçu "des messages menaçants et négatifs". "Nous ne sommes pas des pro-fourrure, ni des anti, juste deux jeunes entrepreneurs amoureux des belles choses et des belles histoires. Celle d’'Histoires de bêtes' en est une. Une histoire de famille, où depuis plus de 30 ans, les créateurs s’efforcent de produire en France dans le respect des animaux." 

Ce mardi 3 janvier, la page Facebook de l’atelier des jeunes créateurs était désactivée. De son côté, Kiama Colas envisage de porter plainte en raison du harcèlement qu'elle dit subir en ce moment même.

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