Pénurie de carburant : le point sur les stations ouvertes et fermées

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SOCIAL – Au cinquième jour de grève dans les raffineries françaises, un peu plus de 2.000 stations essences sont désormais à court de carburant. Metronews fait le point. Cet article est régulièrement mis à jour.

20 % des stations essence à sec
Selon le décompte du secrétaire d'Etat chargé des transports, Alain Vidalies, mardi soir, la situation était dans l'ensemble la même que la veille au soir. C'est-à-dire 20% des 12.000 stations françaises sont "soit en pénurie complète, soit en pénurie d'un des deux produits". Les régions les plus touchées sont les Hauts-de-France et la Normandie. Mais les difficultés d'approvisionnement s'étendent peu à peu au reste du pays : région parisienne, mais aussi "Centre, Rhône-Alpes, Auvergne et Paca du fait des pleins de précaution réalisés par les consommateurs", selon Total.

Sur Twitter, le gouvernement rappelle qu'il poursuit son action pour réapprovisionner les stations services.

► A Fos-sur-Mer, Lorient et Brest, les dépôts débloqués
Trois dépôts ont été repris par les Force de l'ordre aux grévistes mardi matin. A Fos-sur-Mer, l'intervention, musclée, a fait sept blessés dans les rangs de la police, selon la préfecture, et "plusieurs blessés" chez les manifestants. A Lorient, les manifestants sont partis en fin de matinée sans affrontement avec les forces de l'ordre. Et à Brest, entre 150 et 200 manifestants, appartenant à FO, Nuit Debout et la mouvance d'extrême-gauche, ont quitté en fin de matinée les ronds-points du port où ils avaient pris position depuis le matin. Leur action avait créé de nombreux embouteillages, mais sans empêcher la rotation des camions-citernes.

► La grève s'étend aux dernières raffineries, le terminal du Havre à l'arrêt
En réponse au déblocage musclé de Fos-sur-Mer mardi matin, les salariés des deux dernières raffineries en activité, d'ExxonMobil, à Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-maritime) et à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), ont voté mardi en faveur de débrayages. Selon le secrétaire fédéral du secteur pétrole à la CGT, "plus aucun produit ne sort" à Fos, et le débit va être réduit de 50 % "au minimum" à Gravenchon.

Le terminal pétrolier du Havre, qui assure 40 % des importations françaises, s'est joint également joint à la contestation. Les salariés de la Compagnie industrielle et maritime (CIM) ont voté lundi soir l'arrêt du travail de mardi 19 heures à vendredi. Selon la CGT CIM, seul syndicat de l'entreprise, 95 % du personnel s'est prononcé en faveur du blocage. Depuis le Havre, la CIM alimente les deux grosses raffineries du nord-ouest de la France, celle de Total à Gonfreville et celle d'ExxonMobil à Notre-Dame-de-Gravenchon. La CIM alimente également en carburant les aéroports de Paris

► Total menace de revoir ses plans d'investissements
Patrick Pouyanné, PDG du groupe Total, estime que cette grève va conduire son entreprise à "réviser sérieusement" les investissements prévus en France. "C'est quelque part une forme de rupture du pacte qui lie à la fois nos employés et notre entreprise", a-t-il estimé en marge de l'assemblée générale des actionnaires. "Cela va nous conduire à réviser sérieusement les plans que nous avons d'investissements dans l'ensemble de ces sites en France."

► Le gouvernement monte au créneau
Plusieurs membres du gouvernement ont vivement critiqué les blocages orchestrés par la CGT : depuis Jérusalem, Manuel Valls a accusé le syndicat de "dérive" et de "chantage"; Michel Sapin a regretté que "pour des raisons souvent internes, s'est extraordinairement durcie et qui n'est que dans la protestation"; et Emmanuel Macron a estimé qu'"il y a une France qui travaille, une France qui produit, une France qui croit en son avenir et il faut la laisser avancer".

EN SAVOIR +
>> Qu'a-t-on le droit de faire pour être sûr de ne pas manquer de carburant ?
>>
Des raffineries à la pompe, c'est quoi le circuit du carburant en France ?
>> Où trouver une station ouverte et pas chère
>> Au fait, où trouve-t-on (encore) du pétrole en France ?

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