Permanences PS vandalisées : "La loi Travail, une bonne excuse"

SOCIÉTÉ

DEGRADATIONS - Les sections du Parti socialiste et leurs députés sont devenus les cibles des opposants à la loi Travail. Depuis l'annonce du recours au 49.3, une dizaine de permanences parlementaires ont été vandalisées dans tout le pays. Metronews a contacté plusieurs d'entre elles.

Vitres brisées, façades taguées, mobilier vandalisé… De nombreuses permanences du Parti socialiste ont été dégradées partout en France après l’annonce du recours à l’article 49.3 pour faire passer la loi Travail. A Toulouse, Lyon, Lorient ou encore Rouen, des manifestants invités par Nuit debout à protester contre l’annonce de Manuel Valls, ont décidé de s’en prendre aux locaux PS. Sur son compte Twitter , le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, emploie les grands mots, tout en estimant que "ce climat des années 30 n'émeut personne".

Le spectre des deux prochaines journées d'action

Il n'empêche. Contactée jeudi par metronews, la permanence PS de Rennes a été la cible de dégradations à deux reprises au mois d’avril - "avant même que l’adoption sans vote du projet de loi El Khomri", souligne-t-on. "La façade a été taguée, il y a eu des dégradations importantes", nous explique notre interlocuteur, sur la défensive. Résultat : le local devrait rester fermé lors des nouvelles journées d'action contre la loi, prévues les 17 et 19 mai prochains.

De son côté, la permanence de Grenoble a également décidé, depuis lundi, de garder ses portes et ses volets clos. Au moment où Manuel Valls annonçait le recours au 49.3, "il y a eu des jets de bouteilles sur les CRS qui se tenaient devant les locaux", nous explique-t-on. "Mais rien d’autre. Ni tag, ni agression, ni dégradation de la façade". Contre toute attente, aucune mesure de sécurité n’a cependant été prise pour protéger ces deux permanences. "S’il y a un problème, nous appellerons la police", répond à la même question, le PS de Rennes.

"Les bénévoles des permanences n'ont pas à se barricader"

Du côté de la rue de Solferino, si on prend le problème au sérieux, on évite de dramatiser. Christophe Borgel, secrétaire national du PS en charge des élections, assure à metronews qu'il n'y aura pas de "mobilisation de services de sécurité" les 17 et 19 mai. "Les bénévoles des permanences n'ont pas à se barricader (...) Mais, on ne va pas exposer nos collaborateurs à un risque potentiel, chaque section est libre de prendre ses dispositions."

A Lorient, des manifestants en colère ont recouvert la façade des locaux du PS de "49.3". "Parti de merde" a été inscrit en lettres rouges sur une vitre de la permanence de Lyon, alors que "49.3, déni de démocratie", a été tagué sur les murs de la mairie socialiste de la ville. Même chose à Toulouse, où des tags réalisés sur la façade de la section socialiste appellent à la rébellion contre le gouvernement.

"Leur violence est au service de l'antiparlementarisme qui nourrit le fascisme"

A Dijon, la vitrine de la permanence du député Laurent GrandGuillaume a été brisée et des tags ont été réalisés sur la devanture. Sur son compte Facebook, ce dernier estime que ces actes visent à "intimider", alors que le "dialogue est toujours ouvert". "Leur violence est au service de l'antiparlementarisme qui nourrit le fascisme mais certainement pas au nom de la justice".


"Moi je pense que c'est une bonne excuse, la loi Travail, relate Alec Cerf, secrétaire de la permanence socialiste lyonnaise. Ce sont des gens qui ont voulu casser. Je pense qu'ils ne connaissent même pas un millième du contenu de cette loi."

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