Pesticides, plastique, réserves naturelles... Le plan de Nicolas Hulot pour sauver la biodiversité

URGENCE - Le ministre de la Transition écologique et solidaire présente mercredi son plan pour sauvegarder la biodiversité en France. Nicolas Hulot doit annoncer une centaine de mesures, dont la création de nouvelles réserves naturelles ou la suppression d'une liste de produits en plastique pour protéger les océans.

L'heure de la revanche pour Nicolas Hulot. Mis en difficulté sur plusieurs dossiers environnementaux, dont la suppression du glyphosate, l'importation d'huile de palme ou encore les objectifs pour le nucléaire, le ministre de la Transition écologique et solidaire revient avec un plan pour la sauvegarde de la biodiversité dont il doit détailler les mesures mercredi après-midi. 


Un projet comprenant six axes stratégiques et 90 mesures concrètes, dont il a dévoilé certains aspects au Parisien publié mercredi. "L'objectif est de sortir ce sujet de l'ombre", explique-t-il au quotidien. "Il faut que les Français comprennent que la situation est catastrophique : 40% des espèces vivantes auront disparu au milieu du siècle prochain si l'on ne fait rien." L'entourage du ministre, pour qui ce dernier est "sur une dynamique positive", a confié mercredi à LCI "l'immense satisfaction" de Nicolas Hulot à propos de ce plan.

Créer des zones protégées

Le plan prévoit tout d'abord la création ou l'extension, d'ici 2022, de vingt réserves naturelles, dont deux au moins qui seront situées outre-mer. "Dès l'an prochain, nous inaugurerons un parc national des forêts aux limites de la Champagne et de la Bourgogne", indique notamment le ministre. 


En outre, dans le but de "limiter la consommation d'espace", il va mettre en place le principe de "zéro artificialisation nette", c'est-à-dire que tout bétonnage d'un espace naturel en France devra être compensé par la création d'un autre espace naturel. 

Objectif "zéro plastique"

Une autre mesure concerne la protection des océans, avec l'objectif de ne plus rejeter de plastique dans la mer à l'horizon 2025. Pour cela, le ministre, pour qui "le plastique est un fléau", veut interdire la vente d'une série d'objets à usage unique de la vie quotidienne, qui composent 70% de ces déchets. Parmi les douze produits, outre les sacs et cotons-tiges, les pailles, microbilles pour textile et autres touillettes...


Le ministre souligne qu'une enseigne, Franprix, a par exemple pris les devants sur ces mesures en bannissant, à partir de janvier, les produits plastiques à usage unique. 

Mesure anti-pesticides

Après la polémique sur l'interdiction du glyphosate, que la France souhaite voir disparaître d'ici trois ans, le plan biodiversité prévoit de nouvelles mesures de surveillance des produits phytosanitaires. Les collectivités locales devront ainsi publier les quantités de pesticides utilisés sur leur territoire. Un programme de recherche sur les alternatives aux pesticides sera financé à hauteur de 30 millions d'euros. 


En outre, la hausse de la redevance pour "pollution diffuse" (pollution de l'eau par les pesticides) devra permettre de dégager 50 millions d'euros alloués au soutien de l'agriculture biologique. D'autres aides interviendront pour les agriculteurs ayant des "pratiques vertueuses", comme la construction de haies abritant la biodiversité ou le recours aux énergies renouvelables. Un montant de 150 millions d'euros est prévu sur trois ans. 

Mesures plus symboliques

Le plan prévoit en outre des mesures plus symboliques comme la réintroduction de deux ourses femelles dans les Pyrénées, un sujet qui fâche de nombreux élus locaux sur place. 


Il est aussi question de créer un "réseau de 500 aires marines et terrestres éducatives" associant les écoliers, ou encore un "Schazam des plantes", application qui permettra au grand public d'inventorier les espèces animales et végétales sous une forme ludique. 

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