Petit Oursin : le livre pour enfants sur la diversité qui passe mal

SOCIÉTÉ
DIVERSITE – Publié en 2002 aux éditions Flammarion, Petit Oursin raconte l'histoire d'une petite fille noire aux cheveux crépus. Cette semaine, des planches de l'ouvrage refont surface, les internautes lui reprochant une illustration insultante envers les enfants métissés.

La petite Justine est en colère. Elle se regarde dans le miroir et elle n'aime pas ce qu'elle voit. Le livre pour enfants Petit Oursin, paru en 2002 aux éditions Flammarion dans la collection jeunesse Père Castor, raconte l'histoire d'une fillette noire qui n'accepte pas ses cheveux crépus. Deux dessins la représentent, en haut de page, la mine triste, se comparant à "son amie Mélodie", dont elle "ne pourra jamais avoir les belles mèches bien lisses."

Plus bas, une troisième illustration montre la maman de Justine remédier aux soucis de sa fille. Voilà que la petite se retrouve la tête inclinée sur la planche à repasser, sa mère lui lissant les cheveux à coup de fer brûlant comme on éliminerait les plis d'une chemise. Ce dessin, en particulier, ne passe pas. Près de treize années après sa parution, cette page ressurgit sur Twitter, relayée par nombre d'internautes interloqués.

Il faut préciser que la fin de l'histoire – non publiée sur le réseau social - semble prôner la diversité et l'acceptation de soi, puisque pour consoler la petite Justine, son papa lui démêle doucement les cheveux avant de les tresser à l'aide de perles colorées et de papillons. Tout le monde est content, donc. Reste que la scène de la table à repasser paraît insultante et violente pour certains.

"Retours très positifs"

Metronews a contacté Martine Lagardette, auteure du livre Petit Oursin. Interrogée, elle défend cet ouvrage collectif : "Les illustrations sont inspirées de l'histoire de Sophie Mondésir, la dessinatrice de ce livre, malheureusement décédée aujourd'hui. Issue d'un couple mixte et d'origine antillaise, elle a eu, petite, des difficultés à accepter ses cheveux crépus. Mais finalement, ça dépeint bien cette période de l'enfance, pendant laquelle on veut toujours ressembler à la petite copine... avant que le temps passe et qu'on s'accepte tel qu'on est."

Martine Lagardette concède tout de même : "Je conçois que l'image déplaise à certaines personnes, qui ont leur propre lecture et sensibilité. Mais dans les bibliothèques où notre livre est disponible, par exemple, les retours sont très positifs. Je pense qu'il ne faut pas tordre les choses dans le mauvais sens." Et de conclure : "Ce n'était pas notre démarche en tout cas, de nuire à la diversité."

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