Peut-on croire à une baisse du chômage d'ici la fin de l'année ?

Peut-on croire à une baisse du chômage d'ici la fin de l'année ?

ECONOMIE - Pôle emploi a annoncé lundi une forte hausse du nombre d'inscrits, qui a atteint fin avril un record de 3,53 millions de personnes en métropole. Le gouvernement veut croire que la situation peut s'améliorer cette année. Mais rien n'est moins sûr.

Quand s'arrêtera la montée du chômage ? Pôle emploi a rendu public lundi le nombre d'inscrits à fin avril . Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les chiffres ne sont pas bons : 26.200 nouveaux chômeurs ont poussé les portes de l'agence, portant leur nombre à un record de 3,53 millions de personnes sans aucune activité. Alors que la croissance affiche des signes de redémarrage - elle a augmenté de 0,6 % depuis le début de l'année -, l'emploi ne semble pas vouloir suivre.

A en croire nombre d'observateurs, il ne faut pas attendre d'embellie avant la fin de l'année. François Rebsamen, le ministre du Travail, a ainsi expliqué lundi qu'il y avait "un décalage incontestable entre la reprise d'activité et les embauches". C'est d'ailleurs l'avis de Mathieu Plane, économiste à l'OFCE. Selon lui, "on mesure généralement un délai de deux à trois trimestres entre la reprise de l'activité et celle de l'emploi".

Une économie "sous morphine"

Encore faut-il que la croissance soit suffisamment forte pour permettre la baisse du chômage. Selon Michel Sapin, le ministre des Finances, reprenant des chiffres unanimement admis, il faudrait au moins 1,5% de croissance pour que la machine s'enclenche : "C'est à ce moment-là que les créations d'emploi seront suffisamment nombreuses pour compenser les destructions", estimait-il le 20 mai, avant d'insister : "C'est parfaitement possible".

Un avis qui est toutefois loin de faire l'unanimité. Michel Godet, économiste, membre de l'Académie des technologies et auteur de Libérez l'emploi (Odile Jacob), craint en effet que la France en soit bien loin. "L'économie française est sous morphine. Le cours du pétrole est bas, celui de l'euro aussi. Quant aux taux d'intérêt, ils sont carrément négatifs. Tout cela dope le chiffre de la croissance, mais le mal n'a pas disparu : la reprise n'est pas encore là, les chefs d'entreprise n'ont pas retrouvé la confiance, préalable indispensable pour relancer l'économie", explique-t-il à metronews. "Dans ces conditions, il n'est pas du tout sûr que l'on soit à 1,5% de croissance à la fin de l'année".

Les emplois aidés, une "tromperie statistique"?

Pour doper l'emploi, l'exécutif joue à fond la carte des emplois aidés. Lundi, François Rebsamen a annoncé le déploiement prochain de 100.000 nouveaux emplois d'avenirs, en plus des 445.000 inscrits dans le budget 2015. Mais est-ce la bonne solution pour faire baisser le chômage ? Nombreux sont ceux qui en doutent. "C'est simplement une tromperie statistique", martèle Michel Godet, avant d'ajouter que "personne ne sait ce que deviendront les bénéficiaires à l'issue de leur contrat". Cela, sans compter le coût élevé pour les finances publiques : cette année, l'enveloppe consacrée aux emplois d'avenir devrait atteindre 3,4 milliards d'euros, alors que Bruxelles demande de son côté des mesures d'économies.

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