Photojournaliste détenu en Turquie : Mathias Depardon a reçu une visite du consulat de France

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JOURNALISME - Selon RSF, le photojournaliste français détenu depuis trois semaines a reçu ce samedi la visite du consul adjoint de France en Turquie. La France espère une "issue rapide et favorable", avait réagi vendredi le Quai d'Orsay.

"Le consul adjoint Christophe Hemmings a rendu une visite d'une heure au journaliste Mathias Depardon au centre de rétention de Gaziantep", a publié sur Twitter Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans Frontières. Et d'ajouter : "Mathias Depardon est bien traité, il sait que son dossier est porté au plus haut niveau : le journaliste a mis fin à sa grève de la faim."

Même optimisme du côté du Quai d'Orsay. "Nous espérons une issue rapide et favorable, comme les autorités turques s'y sont engagées au plus haut niveau", lors d'un entretien jeudi entre les présidents Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan en marge du sommet de l'Otan à Bruxelles, a déclaré vendredi le porte-parole du ministère, Romain Nadal, au point de presse électronique quotidien.

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Arrêté pendant un reportage

Installé en Turquie depuis cinq ans, Mathias Depardon, journaliste indépendant de 36 ans, a été arrêté le 8 mai à Hasankeyf, dans la province de Batman (sud-est), où il effectuait un reportage pour le magazine National Geographic. Il a rapidement été transféré dans un centre d'accueil géré par la Direction des affaires migratoires à Gaziantep où il est retenu depuis lors malgré une décision d'expulsion émise le 11 mai. Le journaliste français était en grève de la faim depuis dimanche pour protester contre sa détention, selon Reporters sans Frontières (RSF).

Les autorités turques nient régulièrement toute atteinte à la liberté de la presse et affirment que les seuls journalistes arrêtés sont ceux qui sont liés à des "organisations terroristes", expression utilisée pour désigner le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et le réseau güléniste, du nom du prédicateur Fethullah Gülen, opposant résolu du président Erdogan. La Turquie est néanmoins 155e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF pour 2017. 

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