Photos de bébés sur Facebook : parents, cela peut vous coûter très cher

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LIKE A TOUT PRIX – En Autriche, l'histoire d'une jeune femme attaquant ses parents en justice pour avoir posté des photos d’elle, bébé, sur Facebook, est devenue virale. Que se passerait-il si un procès similaire était intenté en France ? LCI revient sur la réglementation en vigueur.

Mise à jour du 6 novembre : Comme l'a révélé la RTBF, l'histoire de la jeune femme Autrichienne portant plainte contre ses parents pour l'avoir exposée, bébé,  sur Facebook, serait infondée. Elle se serait répandue dans la presse internationale suite à une erreur de traduction. Nos excuses aux lectrices et lecteurs pour cette erreur. 

Vous en connaissez sans doute. Ils sont jeunes parents, fiers, heureux… et inondent votre fil Facebook avec les photos du petit dernier qui mange, se baigne, ou va au pot. Une jeune Autrichienne, révoltée d’avoir été ainsi exposée pendant sa jeunesse à la vue des 700 amis Facebook de ses parents, les traînera devant les tribunaux en novembre prochain pour "violation de vie privée".


Si en Autriche, où il existe un flou juridique sur la question, l’issue de ce procès risque bien de faire jurisprudence, qu’en est-il en France ? Le bébé de votre ancienne copine du collège qui s’affiche tout barbouillé de petits pots sur votre page Facebook pourrait-il, lui aussi, finir par attaquer sa mère en justice ? La réponse est oui, et c’est Isabelle Landreau, avocate au barreau de Paris spécialisée dans l’e-réputation, qui nous le dit.


Tarif encouru : 45.000 euros d'amende

"En France, il y a une tendance jurisprudentielle à considérer qu’un enfant peut décider pour lui-même à partir de l’âge de treize ans", explique ainsi l’avocate à LCI. "Avant cet âge, il est sous le coup de l’autorité parentale. Si, à sa majorité, un jeune estime que ses parents ont exposé sa vie sans son consentement, alors qu’il était placé sous cette autorité parentale, il peut les poursuivre en justice en invoquant l’article 9 du Code Civil, relatif au respect de la vie privée." Tarif encouru pour ce préjudice : 45.000 euros d’amende.


Isabelle Landreau le précise bien, "ce cas n’est pas arrivé en France, pas encore". Mais cela ne l’empêche pas de vivement déconseiller aux parents de dévoiler la bouille de leurs enfants sur Facebook. "C’est le principe du réseau social : la photo qu’on poste devient publique. A ce titre, elle engage complètement la responsabilité de son auteur."


L'envie de se mettre en avant est la plus forteElise Chomienne

Les risques d’une telle pratique, d’ailleurs, sont déjà bien connus. On se souvient notamment des consignes partagées par la gendarmerie en mars dernier, recommandant aux parents de rester discrets. En cause ? De potentiels prédateur sexuels rôdant sur la Toile, mais également le caractère indélébile des images jetées en pâture sur internet.


Mais alors, qu’est-ce qui peut bien nous pousser à publier, coûte que coûte, ces photos intimes ? Elise Chomienne, ingénieure en innovation pédagogique et consultante en stratégie numérique, s’interroge également : "Comment des gens qui, dans la vraie vie, se protègent de tout - en posant une alarme dans la maison ou une caméra auprès de la nounou - en arrivent à donner autant d’informations en ligne ? Pour moi, la réponse est toujours la même : c’est le narcissisme."


Elle poursuit auprès de LCI : "L’immédiateté des réseaux sociaux a cette particularité de ne pas faire réfléchir les parents plus avant. L’envie de se mettre en avant est la plus forte. On retrouve exactement le même procédé dans les concours de mini-miss, par exemple. Le fait est qu’on envisage souvent l’enfant comme une continuité de nous-même, oubliant qu’il est une personne à part entière." Qui pourra, plus tard, réclamer le respect de ses droits. 

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