Piétonnisation des voies sur berges à Paris : des résultats en demi-teinte avec un déplacement de la pollution

Piétonnisation des voies sur berges à Paris : des résultats en demi-teinte avec un déplacement de la pollution

ENVIRONNEMENT - La fin de la circulation sur la rive droite, décidée par la maire de Paris Anne Hidalgo, a eu pour effet d'améliorer "globalement" la qualité de l'air le long des quais. Mais partout ailleurs, AirParif a constaté "une dégradation autour des carrefours dans cette zone et à l'est de la zone" piétonnisée.

La mesure est pour le moins controversée depuis sa mise en place, mais est-elle efficace ? La piétonnisation des voies sur berges à Paris a été instaurée à l'automne dernier. Voulue par Anne Hidalgo et votée en Conseil de Paris le 26 septembre pour lutter contre la pollution de l'air, la fermeture de la voie Georges-Pompidou interdit aux voitures 3,3 km du quai bas le long de la Seine, de l'entrée du tunnel des Tuileries (Ier arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (IVe). 

Cette mesure, mise en place au nom de la lutte contre la pollution, fait grogner les automobilistes qui voient leur temps de trajet rallongé, mais pas seulement. En effet, selon Air Parif, elle a contribué à faire baisser la pollution le long des quais, mais aussi à faire augmenter les niveaux de dioxyde d'azote à certains endroits. Concrètement, que dit le rapport ? 

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Air Parif souligne, dans son rapport d'étape sur l'impact de la piétonnisation, "une amélioration globale de la qualité de l’air le long des quais, pouvant atteindre jusqu’à -25%" à l'automne 2016 par rapport à 2015. "La suppression totale de deux voies de circulation sur les quais bas compense les augmentations des quais hauts, dont le nombre de voies est resté identique et ne peut absorber la totalité du trafic antérieurement présent sur le quai bas", note toutefois le rapport. 

Airparif constate "une dégradation" de la qualité de l'air "autour des carrefours dans cette zone et à l'est de la zone, dès la fin de la portion piétonnisée". Cette dégradation se caractérise notamment par une augmentation de 5% à 10% des niveaux de dioxyde d'azote (NO2), "surtout en fin de zone piétonnisée, en direction de l'est parisien", en particulier à partir du quai Henri IV et sur le quai Anatole France (rive gauche)", précise Airparif.  La dégradation touche "dans un moindre mesure (jusqu'à +5%)" les itinéraires de report, comme le boulevard Saint-Germain, le boulevard périphérique sud et les quais hauts, ou au niveau des carrefours dont la congestion s'est accrue", poursuit-il.

Cette situation "est accentuée à l'heure de pointe du matin", explique Air Parif qui précise qu'"une dégradation plus importante de la qualité de l'air apparaît sur le quai haut, de façon quasi-continue, à partir de l'Hôtel de Ville et sur davantage d'axes, principalement au nord de la Seine". Les impacts sont moins marqués à l'heure de pointe du soir, plus étalée dans le temps, selon le rapport.

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Pour la Mairie de Paris, "cette analyse indépendante vient confirmer que la piétonnisation des quais bas de la rive droite entraîne une baisse importante de la pollution de l'air dans le centre de Paris", a déclaré la maire PS dans un communiqué,  rappelant que ce "Parc des rives de Seine" sera inauguré dimanche. Anne Hidalgo a également admis des "hausses très localisées nettement inférieures à la baisse générale constatée sur la rive droite". Elle en a également profité pour rappeler ses projets de bus électrique ou de feux intelligents.

Un rapport que la Région Île-de-France a également commenté, mais avec des termes beaucoup moins satisfaits. Ces résultats montrent que le scénario actuel "ne fait que déplacer le problème de la pollution, sans le régler", a réagi la Région Ile-de-France, chef de file dans la contestation de la mesure et auteur de scénarios alternatifs.

La Région a réitéré sa demande de "mesures compensatoires" proposées par la présidente LR de la région Valérie Pécresse, dont des carrefours intelligents, parkings, bus électriques."La mairie nous enfume", a lancé le groupe LR du Conseil de Paris, demandant à la maire socialiste de "s'attacher à réduire enfin efficacement la pollution en arrêtant de faire de Paris un gigantesque embouteillage". Une seconde campagne de mesures de l'air doit être réalisée à la mi-mai, toujours par Air Parif. Le bilan complet de ces relevés sera disponible en septembre prochain. Un an après la mise en place du dispositif.

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