"Pique-nique au Struthof" : enquête ouverte en Alsace après un événement Facebook à l'ancien camp de concentration

"Pique-nique au Struthof" : enquête ouverte en Alsace après un événement Facebook à l'ancien camp de concentration

POLÉMIQUE - Un événement Facebook nommé "Visite + Pique-nique au Struthof" a créé une vive controverse ce week-end. En cause : les commentaires antisémites qu'il a suscités. Une enquête préliminaire a été ouverte.

Un pique-nique au camp de concentration du Struthof-Natzweiler. Voici ce que proposait il y a encore quelques heures un événement mis en ligne via Facebook. Le rendez-vous, censé se dérouler ce lundi à 11h, n’aura finalement pas lieu, ses organisateursl'ayant annulé. En cause : un flot de commentaires jugés pour la plupart racistes et antisémites.

La polémique a débuté fin mars quand, alerté par la publication, Thierry Roos, membre du consistoire israélite de Strasbourg, prend connaissance des commentaires publiés sur la page de l’événement. Il décide d’en sauvegarder quelques-uns, qu’il considère comme étant une  "incitation à la haine". Le consistoire a ensuite saisi le procureur de la République de Saverne, qui a ouvert une enquête pour "apologie de crimes contre l'humanité" et "provocation à la haine ou à la violence".

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"Les commentaires étaient tout à fait affreux"

Pour l'avocat du consistoire, Me Raphaël Nisand, cette "provocation" ne fait aucun doute, comme il l’a expliqué à France Bleu : "Les commentaires étaient tout à fait affreux, du type 'On espère que les chambres à gaz fonctionnent encore', 'il paraît que c'est un restaurant 22.000 fois étoilés'... Ce qu'il faut savoir, c'est que 22.000 personnes sont mortes au Struthof." L'ancien camp de concentration du Struthof-Natzweiler était l'unique camp de concentration situé sur le territoire français, en Alsace.

Les enquêteurs devraient s’affairer pour mettre une identité sur les initiateurs de l'événement Facebook et les auteurs des commentaires litigieux. L’un des organisateurs, lui, a publié un message d’excuses sur le réseau social, expliquant qu’il s’agissait "à la base de rappeler aux personnes externe à (son) établissement scolaire qu’il y avait une sortie organisée dans le camp de concentration". Et d’ajouter : "Puis, de fil en aiguille, des personnes étrangères à l’établissement scolaire qui le rejoignaient, l’événement a tourné en dérision et a pris des proportions énormes."

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