Pisa 2015 a testé le niveau des élèves de 15 ans : la France est... dans la moyenne, sans briller

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PEUT MIEUX FAIRE - Les résultats du dernier Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa), qui évalue tous les trois le niveau des élèves de 72 pays, vient d'être publié. Pas de gros chamboulement pour la France, qui reste dans la moyenne du classement. Sans briller, mais sans tomber.

"Bien, mais pas top." C’est, en substance, ainsi que pourrait être résumée la note de la France dans le dernier classement Pisa, révélé ce mardi. Cette étude, établie depuis 2000 par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) évalue, tous les trois ans, les acquis des élèves de 15 ans, en comparant les résultats de 72 pays. 


Pour cette nouvelle édition, 540.000 élèves, représentatifs des quelque 29 millions d’élèves de ces 72 pays, ont planché deux heures durant sur une batterie de questions. Le tout offre une vase base d'évaluation, qui permet de mesurer les politiques menées dans chaque pays. Et la France, dans tout ça ? LCI s’est penché sur l’étude, et vous en résume les 9 conclusions.

Singapour, grand gagnant en sciences

Lors de chaque étude, Pisa, qui étudie la compréhension de l' écrit, la culture mathématique et la culture scientifique, met l’accent sur un domaine. En 2015, les sciences étaient plus particulièrement évaluées. Et cette année, c’est Singapour, qui devance, largement, tous les pays (556 points). Avec un score supérieur à 530 points, le Japon, l’Estonie, la Finlande et le Canada sont les quatre nations les plus performantes de la zone OCDE. La Turquie et le Mexique ferment la marche. Au milieu, la France, avec 495 points, est dans une bonne moyenne (493 points en moyenne pour l’OCDE), devançant de peu l’Autriche, les Etats-Unis et encore la Suède. Elle est en revanche un peu derrière l’Allemagne, la Belgique. En cela, pour la France, la performance est stable depuis 2006, date du dernier rapport Pisa consacré aux sciences. 

Reste que Singapour brille partout : c'est aussi lui qui prend la tête du classement pour la compréhension de l'écrit (535 points contre une moyenne de 493), et en mathématiques (564 points sur 490).

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En France, le nombre de très bons élèves est stable...

Les élèves "très performants" représentent environ 8% de l’ensemble des élèves de 15 ans en France. En cela, la position est stable entre 2006 et 2015. Le pourcentage d’"élèves performants", de 21%, est même supérieur à la moyenne de l’OCDE (19%). 

... mais davantage d’élèves sont en difficulté

Bémol en revanche : la proportion d’élèves en difficulté est en légère augmentation depuis 2006, passant de 21% à 22%. En cela, la France est légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (21%).

La France moyenne aussi pour les deux autres domaines

Pour les maths et la compréhension de l’écrit, autres domaines évalués par Pisa, la France reste, là encore, dans une confortable moyenne : si la performance en mathématiques de ses élèves avait significativement baissé entre 2003 et 2012, elle est relativement stable depuis. La compréhension de l’écrit offre par contre une petite remontée (499 points contre 493 pour la moyenne des pays de l’OCDE), portée notamment par les scores des garçons qui ont obtenu de meilleurs résultats qu'habituellement.

Les filles rattrapent les garçons

En sciences et en mathématiques, l’écart de performance entre les garçons et les filles s’est réduit. Le fait est en grande partie dû à une légère baisse du niveau des garçons, qui réussissaient en général mieux que les filles dans ces deux matières. En compréhension de l’écrit, l’écart s’est aussi réduit, mais reste largement en faveur des filles.

La France championne… des inégalités sociales

S’il y a un domaine où la France se distingue, c’est celui de l’impact du contexte socio-économique sur les performances des élèves. Dans tous les pays participant à l’enquête, les élèves de 15 ans les plus défavorisés sont moins susceptibles de réussir à l’école que leurs camarades plus favorisés. Mais cet impact est particulièrement marqué en France, où la relation entre performance et milieu socio-économique des élèves est l’une des plus fortes.  

Des élèves pas emballés-emballés par les sciences

L’étude mesure aussi "l’engagement" des élèves en sciences. Il apparaît que les élèves voulant exercer une profession scientifique ont tendance à avoir de meilleures notes dans cette matière. Ce constat est particulièrement vrai pour la France : seuls 8% des élèves en difficulté envisagent d’embrasser une carrière scientifique (13% en moyenne pour les pays de l’OCDE), contre 48% des élèves très performants. Le sexe joue également plus en France qu’ailleurs : un garçon sur quatre pense travailler dans le domaine scientifique, contre moins d’une fille sur cinq. Enfin, il ressort que les élèves français prennent moins de plaisir dans l’apprentissage des sciences que la moyenne des pays de l’OCDE. 

La France championne (encore !)… du redoublement

En France, 22 % des élèves ont redoublé au moins une fois avant l'âge de 15 ans. C’est le double de la moyenne des pays de l’OCDE, moyenne qui a reculé de 3 points depuis 2009.  Mais la France évolue : si elle reste largement au-dessus, elle connaît cependant la plus forte diminution, avec une baisse de 16% des redoublements entre 2009 et 2015. 

Non, cette étude Pisa ne mesure pas l’effet des politiques de Hollande

Il est encore trop tôt pour lire dans ces résultats un bilan des réformes éducatives entreprises sous François Hollande: les élèves qui ont passé ces tests en 2015 avaient déjà quitté l'école primaire lors de la réforme des rythmes scolaires, mise en place en 2013-2014. Quant à la refonte du collège et des programmes scolaires du CP à la troisième, elle n'est entrée en vigueur qu'en septembre. 


La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem a d’ailleurs donné rendez-vous pour l’étude Pisa 2021. En revanche, les élèves de l'édition 2015 ont connu les réformes de l'ère Nicolas Sarkozy, notamment la suppression d'une demi-journée de classe en primaire et les programmes scolaires lancés en 2008.

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