Plan sécurité dans les trains : "Un effet d’annonce totalement irréalisable"

Plan sécurité dans les trains : "Un effet d’annonce totalement irréalisable"

TRANSPORT - Deux mois après l’attaque déjouée du train Thalys Amsterdam-Paris, le gouvernement a annoncé lundi soir de nouvelles mesures pour renforcer la sécurité dans les transports. Une manière aussi de lutter contre la fraude. Mais est-ce réalisable ? Metronews a posé la question aux syndicats de cheminots SNCF.

"Nous sommes navrés d’avoir appris ces informations par la presse. Nous aurons sans doute plus de détails lors d’une réunion que nous devons avoir avec notre direction ce mardi après-midi." Sur la forme, Nathalie Bonnet, secrétaire fédérale de Sud Rail, n’apprécie pas tellement l’annonce du gouvernement lundi soir pour renforcer la sécurité dans les trains, en permettant notamment aux agents SNCF de travailler en civil et d’effectuer des contrôles plus poussés sur les passagers. Sur le fond, elle n’est pas non plus convaincue.  "C’est un effet d’annonce, absolument pas réalisable, et pas applicable sans moyens supplémentaires."

Le ministre de l’Intérieur a en effet annoncé un plan ambitieux , pour renforcer les mesures de sécurité dans les trains et les transports en commun, deux mois après l’attaque déjouée du Thalys. Le hic, c’est qu’à part les mesures déclinées – pouvoirs renforcés pour les officiers de police judiciaire, possibilité de fouilles ou palpations pour les agents SNCF -, les moyens accordés restent flous. Et le plan suscite plus de questions que de réponses chez les syndicats de cheminots.

Quels moyens accordés ?

Pour l’Unsa ferroviaire, les mesures annoncées vont tout de même "dans le bon sens" : "Le fait de pouvoir faire fouiller les voyageurs par le service sécurité, faire que le service sécurité puisse opérer en civil, sont des demandes de longue date", explique Roger Dillenseger, secrétaire général adjoint. "Si un doute ou si un voyageur refuse de se laisser fouiller, on l’empêche d’accéder au train. La tenue civile permet de faire de l’investigation et d’être plus discret à l’approche, et détecter le plus rapidement possible une situation anormale." Mais le secrétaire général pointe aussi des failles, comme la politique de développement du réseau de bus de la SNCF : "La SNCF s’ouvre à ce moyen de transport. Mais les services de sécurité ferroviaires n’ont pas le droit d’intervenir sur la voie publique. Cette partie est complètement occultée."

Le gros point noir reste cependant les moyens accordés : "Comment va-t-on mettre cela en place ? Cette politique nécessite aussi des formations de comportement pour nos agents. Il ne faut pas se voiler la face, le contrôle a un coût", questionne Roger Dillenseger. Car pour lui, le message envoyé est contradictoire avec les politiques menées : "L’attaque déjouée du Thalys a bien montré qu’une intervention humaine reste un élément très important de la chaîne de sécurité du transport public. Or la SNCF est plutôt engagée dans une stratégie de déshumanisation des trains et des gares. Tout doucement, on se dirige vers la machinisation, en faisant circuler de plus en plus de "trains à agents seuls", où il n’y a que le conducteur. On mise sur le contrôle aléatoire, un peu comme dans le métro. Aujourd’hui, la majorité des trains circule sans contrôle", explique-t-il.

Ce que confirme Nathalie Bonnet, de Sud Rail, qui ne croit pas à ces annonces : "La politique de la SNCF est de supprimer les contrôleurs à bord des trains, en totale contradiction avec ce qui est annoncé. Sur certaines lignes, notamment le fret régional, il n’y a plus de contrôleurs. A la place on met de l’accueil embarquement, qui permet de filtrer les voyageurs au départ, sans pour autant pouvoir empêcher un voyageur de pouvoir monter s’il le veut. Et pour ce qui est de la sécurité des voyageurs, rien n’est assuré à bord. Tout cela n’est pas applicable en l’état, sans moyens supplémentaires." Contactée, la SNCF n'a pas encore réagi.

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