Plus de 260.000 personnes victimes d'atteintes sexuelles dans les transports en deux ans (dont 85% de femmes)

Plus de 260.000 personnes victimes d'atteintes sexuelles dans les transports en deux ans (dont 85% de femmes)

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BAS LES PATTES - Une étude de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), dévoilée mardi 19 décembre par Le Figaro, assure que selon "une estimation basse", plus de 260.000 personnes ont été victimes d'atteintes sexuelles dans les transports en commun, sur deux ans. Parmi elles, 85% sont des femmes.

L'étude permet de mettre des chiffres sur un phénomène qui commence à être bien connu : l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) indique que, d'après une enquête réalisée entre 2014 et 2015, 267.000 personnes ont été victimes d'atteintes sexuelles dans les transports en commun. Parmi elles figurent 85% de femmes. Et selon Le Figaro, qui révèle ces chiffres chocs mardi 19 décembre, l'étude ne donne là qu'une "estimation basse" du phénomène. 


Pire, parmi les victimes recensées, 44% indiquent avoir "subi plusieurs actes de même nature". L'étude complète ainsi : "Près de 160.000 ont subi des gestes déplacés (notamment des baisers forcés ou des caresses) et plus de 110.000 ont subi des exhibitions. Plus de 160.000 ont subi d'autres actes tels que des attouchements sexuels, ou des rapports sexuels ou tentatives de rapports sexuels non désirés." 

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Des agressions sexuelles, donc, et des viols ou tentatives de viol, qui sont commis dans la plupart des cas au sein même de la rame en mouvement (61%). Dans 26% des cas, l'agression survient dans la gare ou une station de métro. 

Nouveaux types d'atteintes sexuelles

Géographiquement, ce sont les Franciliennes qui sont les plus exposées. Elles représentent 60% parmi les victimes femmes vivant en métropole. Zoomons encore par tranche d'âge : plus de 7% des jeunes femmes sondées en Ile-de-France, âgées de 18 à 21 ans, assurent avoir été victimes de ces atteintes. Les plus jeunes sont en fait les plus ciblées : selon l'étude, le risque d'agression dans les transports reste élevé jusqu'à 35 ans, puis il diminue à partir de 45 ans.  Par ailleurs, femmes et hommes ne sont pas exposés aux mêmes faits : quand les hommes subissent surtout des cas d'exhibitionnisme, les femmes sont davantage vicitmes, pour les deux tiers d'entre elles, d'agressions sexuelles.

L'étude, enfin, révèle des nouveaux types d'atteintes. Celles-ci sont marginales, néanmoins, elles existent : il s'agit, toujours selon Le Figaro, de cette pratique qui impose à une victime une photo ou une vidéo obscène, ou encore de "l'upskirting". C'est-à-dire le fait de soulever la jupe d'une victime pour filmer en dessous. Face à ces faits, l'ONDRP indique que les victimes mettent en place "des stratégies d'évitement, de résignation ou encore de contournement". Reste aux pouvoirs publics de se saisir plus avant du problème. Si un plan contre le harcèlement dans les transports a été mis en place sous le précédent quinquennat, le rapport du Haut Conseil à l'Egalité, publié à la même période, mettait lui aussi à jour un constat très alarmant.

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