Plus long et mieux rémunéré : que pensent les pères du projet du nouveau congé parental ?

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REPORTAGE - Une réforme du congé parental est prévue pour lutter contre les inégalités. Moins des deux tiers des papas prennent le congé de onze jours auquel ils ont droit.

C'est peut-être le tout début d'une révolution dans nos mœurs et dans nos cultures (ENFIN!). En effet, une directive européenne prévoit de rallonger la durée des congés parentaux, mais aussi de mieux les indemniser (à hauteur de 50% du salaire). Un couple pourrait ainsi disposer de huit mois maximum (avant les douze ans de l'enfant), à condition que le père et la mère prennent chacun quatre mois. 


Cette mesure vise notamment les pères de famille, qui sont encore très peu nombreux en France à mettre leur travail entre parenthèses après la naissance de leurs enfants. Problème : Emmanuel Macron s’est montré réticent à cette mesure, le 17 avril dernier, pour des raisons budgétaires. "J'en approuve totalement le principe mais les congés parentaux payés au niveau de l'indemnité maladie journalière, c'est une belle idée qui peut coûter très cher et finir par être insoutenable", a-t-il déclaré. Il a néanmoins indiqué que la France travaillerait sur une nouvelle proposition "allant en ce sens", sans rien dévoiler depuis. 

"On est vu comme des extraterrestres"

Pourtant, la mesure, elle, serait bien acceptée en France, à en croire les femmes et les hommes que nous avons interrogés. Si la route est encore longue - 397.000 femmes ont pris un congé parental en 2016, contre 18.000 hommes -, cette mesure irait dans le bon sens. "La charge mentale, ça serait bien qu’elle passe du féminin au masculin. Le congé parental, ça serait un bon moyen de commencer à changer la donne sur le sujet", nous explique une mère. "Ça n’est pas ancré dans les mœurs (…) mais dans mon entreprise il y a un homme qui a pris ce congé", reconnaît de son côté Dominique Pech, chef de projet chez Aviva France. Un salarié, ça ne fait pas beaucoup...


Et non seulement les pères le prennent peu, mais ils sont peu nombreux, également, à prendre les 11 jours qui suivent la naissance. Moins des deux tiers des pères le font, selon cette même étude de 2016. Pourtant, certaines entreprises semblent disposées à sauter le cap : en novembre dernier, une société internationale d'assurances a lancé le mouvement, en instaurant un congé de dix semaines payées pour ses salariés après la naissance d'un enfant. Et le constat est clair, en agissant ainsi, l'entreprise améliore l'engagement de ses collaborateurs, plus épanouis à l'idée de mieux articuler leur vie professionnelle avec leur vie personnelle. 


Frédéric, lui, n'a pas eu cette chance. Et fait figure d'exception. Père de cinq enfants, sans mode de garde, gagnant moins que sa femme... Le couple a vite tranché : Frédéric a pris un an de congé. Il touche désormais 600 euros par mois. "Parfois on est vu comme des extraterrestres, mais moi ça ne me dérange pas", nous confie-t-il, alors qu’il est en train d’étendre le linge de sa petite famille. "On nous pose ce genre de questions : mais pourquoi tu veux t’arrêter de travailler pour rester à rien faire à la maison ? J’ai eu le droit à tous les clichés auxquels les femmes sont confrontées d’habitude". Pour autant, Frédéric ne regrette rien à son choix, et savoure le fait de pouvoir voir grandir ses enfants. A qui le tour ? 

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