Plusieurs milliers de personnes défilent pour une "Bretagne réunifiée"

Plusieurs milliers de personnes défilent pour une "Bretagne réunifiée"

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REGIONS - Se sentant profondément bretonnes, des milliers de personnes ont manifesté samedi à Nantes pour réclamer leur rattachement à la région Bretagne, à la faveur du prochain "redécoupage" territorial souhaité par Manuel Valls.

En ces temps de rigueur, certaines mesures parviennent tout de même à susciter de l'enthousiasme. Ainsi samedi, alors qu'il est question de redéfinir la carte des régions , une marée de drapeaux à bandes blanches et noires assorties d'hermines, a noyé les rues de Nantes. Sous le Gwenn-ha-Du, l'étendard de la Bretagne, des habitants de Loire-Atlantique plaidant pour que, plus de soixante-dix ans après le détachement décidé par le régime de Vichy, Nantes, capitale historique du duché de Bretagne, le redevienne.

Dans une atmosphère bon enfant qui changeait à Nantes des récents débordements lors des manifestations contre la construction d'un aéroport à Notre-Dame des Landes , de 5.500 personnes au triple, selon que l'on se place du point de vue de la police ou des organisateurs, ont battu le pavé, aux cris de " Bretagne réunifiée , on va y arriver", de "Démocratie et réunification" ou encore de "Naoned e Breizh", soit en bon Français : "Nantes en Bretagne".

"Naoned e Breizh" a-t-on clamé en Loire-Atlantique

De fait, il y avait de nombreux bonnets rouges dans la foule bigarrée qui s'est rassemblée à Nantes, place de Bretagne. Autant que de chapeaux noirs et ronds, de coiffes en dentelles et, tête nue, d'élus de tout bord politique. Tous n'endossaient pas forcément les slogans du jour à la virgule près - "des Bonnets rouges unis pour une Bretagne réunie", "pas de décentralisation sans réunification", "vivre, décider et travailler dans une Bretagne réunifiée" - mais fondamentalement, ils plaidaient pour la même chose : ""une Assemblée bretonne [intégrant] le pays nantais".

Pour Christian Troadec, le maire de Carhaix, dans le Finistère, monté au front contre l'Ecotaxe et ses portillons routiers, la manifestation du jour fut un "coup de pied nécessaire dans la fourmilière pour arriver à ce qu'enfin les questions essentielles pour le peuple breton soient envisagées". Au-delà des Bretons, pour les protestataires, la question est celle de la décentralisation.

Des bonnets rouges aux chapeaux ronds

"Aujourd'hui, la France est l'Etat le plus centralisé d'Europe" a déclaré M. Troadec, estimant qu'avec plus de 4 millions d'habitants, il est temps que la Bretagne ait les moyens de figurer au même rang que "les régions européennes comme les Länder allemands, comme les grandes provinces espagnoles, l'Ecosse, le Pays-de-Galles".

Le président socialiste des Pays de la Loire, Jacques Auxiette n'est pas hostile à l'idée d'un rattachement de la Loire Atlantique à la Bretagne comme c'était le cas avant le décret de Pétain en 1941, mais il est formel : en ce cas, les quatre autres départements de sa région devront l'être aussi. C'est tout l'enjeu du débat, la région Loire Atlantique, privée de Nantes, ne semblant guère viable.

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