PMA pour toutes les femmes en 2018 : "On se met au boulot maintenant ?"

PMA pour toutes les femmes en 2018 : "On se met au boulot maintenant ?"

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ANNONCES - Ce mardi, Marlène Schiappa a réaffirmé l'ouverture de la PMA pour toutes les femmes à l'horizon 2018. Mais pour de nombreuses associations, il s'agit d'un énième délai supplémentaire.

La PMA ouverte aux couples de même sexe ? Pour certains, c'est en train de devenir un marronnier. Rembobinons un peu. Janvier 2013 : Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, l'assure : "Le texte devrait être prêt pour le mois de mars (...) le gouvernement fera en sorte qu'il soit voté avant fin 2013. Le Parti socialiste est pour. Le gouvernement s'est exprimé en faveur. C'est une question d'égalité."


Une déclaration qui ressemble à s'y méprendre à celle de Marlène Schiappa, ce mardi 12 septembre 2017, sur le plateau de RMC - celui-là même où Najat Vallaud-Belkacem avait formulé la même promesse, quatre ans plus tôt : "L'engagement de campagne d'Emmanuel Macron sera tenu. En termes de calendrier, nous serons sur l'année qui arrive, 2018, probablement avec les révisions de la loi bioéthique (...) Le Comité d'éthique a émis un avis favorable, il n'y a rien qui nous empêche de rendre la PMA légale pour toutes les femmes". 

C'est frustrant d'avoir encore des déclarations et des actions en attenteRaphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole de Osez le féminisme

Hasards du calendrier ou faible volonté politique, force est de constater que la PMA ouverte à toutes les femmes, malgré les annonces successives, n'a encore jamais vu le jour. Au-delà de la bonne nouvelle, plusieurs militant(e)s se montrent aujourd'hui désabusé(e)s face à la prise de parole de Marlène Schiappa : 

Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole de Osez le féminisme, précise ainsi à LCI : "C'est frustrant d'avoir encore des déclarations et des actions en attente, le tout lors d'une journée de mobilisation sociale où l'attention est sur autre chose." Mais de nuancer : "Ne faisons pas de procès d'intention, on verra très vite, car le gouvernement a toutes les cartes en main. Surtout après le rapport du Comité national d'éthique."

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De leur côté, les militantes de la conférence européenne lesbienne dénoncent "l'hypocrisie des gouvernements français" et, plus précisément, craignent que ce nouveau délai ne laisse du temps aux détracteurs de l'ouverture de la PMA d'organiser une offensive : "Depuis 2012, plusieurs personnalités politiques françaises se sont déjà engagées à ce que la PMA soit votée, sans que ces promesses aient été suivies de faits. (...) Il faut rappeler qu'en France, les atermoiements des précédents gouvernements et leur absence de position clairement engagée contre les pratiques lesbophobes, ont favorisé un climat particulièrement difficile envers les lesbiennes, et toutes les personnes LGBTI", expliquent-elles par voie de communiqué. "Nous invitons le gouvernement français à agir vite et avec conviction afin de ne pas autoriser une nouvelle vague de harcèlement envers les citoyennes lesbiennes, et de mettre fin à des pratiques hypocrites et douloureuses pour de nombreuses lesbiennes françaises". 

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