Points d'eau pour les migrants de Calais : Gérard Collomb l'assure, ce n'est pas le Conseil d'Etat qui l'a poussé à agir

Points d'eau pour les migrants de Calais : Gérard Collomb l'assure, ce n'est pas le Conseil d'Etat qui l'a poussé à agir

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CALAIS - Dans une interview accordée au JDD ce 6 août, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb revient notamment sur la situation à Calais. Et il l'assure, ce ne sont pas les injonctions du Conseil d'Etat qui l'ont poussé à revoir sa politique sur place.

La décision du Conseil d'Etat était formelle. Le 31 juillet dernier, il a rejeté les deux appels formulés respectivement par la maire (LR) de Calais et le ministère de l'Intérieur. A ceux-ci qui refusaient d'installer des points d'eau dans la ville à disposition des migrants sur place, le Conseil d'Etat a rétorqué : "Il appartient aux autorités titulaires du pouvoir de police générale (...) de veiller à ce que le droit de toute personne à ne pas être soumise à des traitements inhumains ou dégrandants soit garanti".


Dont acte. Quelques heures plus tard, Gérard Collomb faisait demi-tour et indiquait en sa qualité de ministre de l'Intérieur que des douches mobiles seraient installées à Calais, et que deux nouveaux centres d'accueil seraient créés dans la région. La moindre des choses, pour les associations sur place, qui déplorent toutefois qu'il ait fallu "finir au tribunal" pour garantir l'accès à l'eau à une partie de la population. 

En réalité, nous n'avons jamais cessé d'agirGérard Collomb

Sauf que Gérard Collomb, dans une interview au Journal du dimanche parue ce 6 août, affirme le contraire. La décision du Conseil d'Etat n'aurait en réalité rien à voir avec les nouvelles infrastructures décidées dernièrement. En effet, à la question : "Le Conseil d’Etat a ordonné d’aider les migrants, notamment pour l’accès à l’eau. Est-ce pour cette raison que le gouvernement a modéré sa position ?", le ministre répond : "Non. En réalité, nous n'avons jamais cessé d'agir, et notamment de procéder à des opérations de mise à l'abri. Mais vous concéderez que ce problème, qui dure depuis des années, ne peut se résoudre en quelques semaines..."


De son côté, la maire de Calais, Natacha Bouchart, a d'ores et déjà fait savoir qu'elle ne se conformerait pas aux injonctions du Conseil d'Etat. "S'il ne saurait être question de mésestimer la situation d'extrême précarité des migrants, je ne puis accepter de mettre en place des installations qui réuniraient à nouveau les conditions de création de campements, de bidonvilles, et de points de fixation", a-t-elle notamment fait savoir par voie de communiqué. 

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3500 places supplémentaires en France d'ici 2018

Interrogé sur ce point par le JDD, Gérard Collomb préfère botter en touche. "Comprenez-vous la maire de Calais qui refuse d'ouvrir des points d'eau pour les migrants ?", lui demande-t-on ainsi. "Il faut se mettre à la place des habitants après plusieurs années de grande difficulté", répond le ministre. "Dans le Calaisis, j'ai rencontré tout le monde. Et tous, quelle que soit leur opionion politique, ressentent une profonde angoisse. Nous ferons donc des sanitaires mobiles. Nous devons éviter tout ce qui peut ressembler à des infrastructures fixes."


Sur la question du droit d'asile, plus largement, Gérard Collomb a abondé dans le sens du président de la République et de sa volonté de "ne plus voir personne dormir dans les rues" d'ici cet hiver. Il a notamment annoncé la création de 3500 places supplémentaires d'hébergement d'ici 2018 et appuyé l'idée de distinguer plus fortement encore les réfugiés politiques des "migrants économiques". 

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