Pôle emploi : aussi douloureux que la fin de droits, le "trop-perçu"

Pôle emploi : aussi douloureux que la fin de droits, le "trop-perçu"

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CHOMAGE - Trouver une activité à temps partiel n'est pas la panacée vis-à-vis de Pôle emploi. Durée d'indemnisation réduite, demande de remboursement inique... une chômeuse témoigne.

En 2012, un chômeur en fin de droits à qui Pôle Emploi demandait qui plus est de rembourser quelques centaines d'euros s'était immolé. Des associations avaient alors réclamé "un moratoire" sur cette façon de faire. Deux ans ont passé, rien n'a changé : Amélie Choppe, inscrite a Pôle Emploi, mais employée à temps partiel, témoigne.

Trouver un job pour perdre des droits

Le calvaire de cette femme, luthière de formation, a commencé en avril 2013, quand après plus d'un an sans activité, elle a commencé à garder des enfants 16 heures par semaine pour 350 euros par mois. En vertu d'un dispositif encourageant le retour à l'emploi mis en place dans les années 1980, Pôle Emploi complétait son revenu à hauteur de 900 euros. De quoi couvrir son loyer, à peine plus.

Mal informée, elle ne savait pas que dès lors qu'un chômeur reprend une activité et que des indemnités viennent compléter son salaire, la durée maximale d'allocation tombe de deux ans à quinze mois. Ainsi, il ne lui en restait plus que trois quand elle a reçu un courrier l'éclairant sur sa situation. "C'est quand même complètement fou, en fait j'aurais mieux fait de ne pas travailler du tout", constate-t-elle. Pour trente heures hebdomadaires et un revenu total équivalent, elle s'est alors engagée comme caissière dans une grande surface.

Le "trop-perçu" comme une double peine

Trois mois passent et une seconde lettre l'achève : Pôle emploi lui réclame 433 euros de "trop-perçu" au motif que, durant l'été, alors qu'elle était contrainte à un congés sans solde et n'avait donc déclaré aucun revenu, un plein mois d'allocation lui avait été versé. Seule explication fournie par un agent de Pôle emploi : "pour la machine, on ne peut pas être sous contrat et ne pas être rémunéré, elle vous réclame donc de rembourser".

Des SMS de relance ont suivi, puis le harcèlement d'un huissier, "plusieurs fois par jour". "Je ne dormais plus, je pleurais tous les soirs au téléphone avec ma mère" a-t-elle confié à l'AFP, désespérée, car "même étalée sur dix mois, cette somme [elle ne l’avait] pas". Surtout, explique-t-elle, le fait d'être "traitée comme une fraudeuse, qui plus est quand on n’a pas fait de faute" est "incompréhensible".

Après des mois d'angoisse et des démarches à n'en plus finir, non sans l'aide d'une militante du Mouvement national des chômeurs et précaires et d'une directrice d'agence Pôle emploi "fort sympa", Amélie Choppe a obtenu l'annulation de sa dette. Sur le fond, le problème reste entier. "Je n’ai toujours pas compris ce trop-perçu et je ne cherche plus à comprendre. Je me dis juste que si l'on a annulé ma dette, c’est que je devais avoir raison", conclut-elle, avec toujours la peur au ventre que Pôle emploi revienne à la charge.

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