Equipement, effectifs... A quoi va ressembler la police de sécurité du quotidien ?

POLICE - Les contours de la nouvelle police de sécurité du quotidien (PSQ), expérimentée début 2018 dans une trentaine de villes, sont longtemps restés flous. Avec le lancement de la consultation ce samedi 28 octobre par le ministre de l'Intérieur, on commence à en savoir (un peu) plus. Voici les premiers éléments connus.

Une police "sur mesure" et "connectée". Voici comment le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, entrevoit la future "police de sécurité du quotidien", dont l'expérimentation est prévue pour début 2018. Au menu des promesses de campagne d'Emmanuel Macron, cette nouvelle "PSQ" comportait jusqu'alors des contours plutôt flous. S'agira-t-il de nouveaux effectifs affectés à des missions particulières ? La mesure se calquera-t-elle sur l'ancienne "police de proximité", initiée par Lionel Jospin avant d'être supprimée en 2003 par Nicolas Sarkozy ? 


Pour l'instant, l'heure est encore à la réflexion. Ce samedi 28 octobre, depuis La Rochelle, Gérard Collomb a lancé la "grande concertation" sur le chantier de la police de sécurité du quotidien : élus et agents et syndicats seront donc consultés sur la réforme jusqu'au 20 décembre, dans le but de préciser l'expérimentation qui démarrera dans la foulée. En attendant, on commence à en savoir (un peu) plus sur la mesure en elle-même. Voici les éléments connus à ce stade : 

Des missions immédiates

Ce sera le principal trait distinctif de cette police de sécurité du quotidien : elle devra, selon les propos même d'Emmanuel Macron, avoir des "moyens de sanctions immédiates". A cet égard, c'est bien la PSQ qui pourrait être chargée de verbaliser le harcèlement de rue pensé par la secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Afin d'augmenter leur efficacité, les forces de l'ordre devraient être équipées d'un matériel "connecté".

De nouveaux équipements

Gérard Collomb en fait une priorité : cette police sera une "police mieux équipée".  On apprend ainsi ce samedi que 30.000 véhicules seront livrés d'ici cinq ans, ainsi que 60.000 gilets pare-balles d'ici fin 2018. Par ailleurs, les agents devraient pouvoir compter sur l'acquisition de 115.000 tablettes numériques, afin qu'elles puissent "consulter les fichiers des personnes contrôlées dans l'instant" et "éviter qu'une personne soit contrôlée six fois dans la journée".

Des liens avec les autres institutions

Concernant la PSQ, le gouvernement est en faveur d'une "police plus partenariale" avec "davantage de coopération avec les élus, la justice, la police municipale, les associations, les sécurités privées ou encore les services sociaux". Le président a ainsi émis le souhait que cette police soit en mesure de "retisser des formes d'actions rénovées" avec les acteurs locaux. Le mot d'ordre, pour ces équipes, reste donc la proximité, puisque "la PSQ" devra viser "à replacer le service du citoyen au coeur du métier de gendarme et de policier pour lutter contre les délits, les nuisances, les incivilités ressenties au quotidien".

Une augmentation des effectifs

Dans un dossier de présentation que s'est procuré le JDD, le ministère de l'Intérieur indique que policiers et gendarmes "seront plus nombreux et plus présents sur la voie publique". En effet, si le recrutement de 10.000 policiers et gendarmes à l'horizon 2022 a déjà été annoncé par le gouvernement, le ministre indique également l'arrivée prochaine de 10.400 nouvelles caméras piétons, ces petits caméras mobiles et embarquées, portées par les forces de l'ordre en intervention. 

Une expérimentation dans plusieurs villes

Une fois la consultation terminée et les conclusions rendues, la police de sécurité du quotidien va d'abord être expérimentée dans une trentaine de villes, dès le début de l'année 2018. Parmi elles, les villes de Lille, Lens, Roubaix ou encore Toulouse. Le dispositif sera également tenté à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, qui a connu de violents affrontements lors de "l'affaire Théo", au cours de laquelle un jeune homme assure avoir été victime d'un viol par des policiers au cours d'un contrôle. 

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