Policier exécuté devant Charlie Hebdo : l'auteur des images regrette

Policier exécuté devant Charlie Hebdo : l'auteur des images regrette

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CHARLIE HEBDO - Les images d'un terroriste abattant à bout portant le policier Ahmed Merabet devant les locaux de Charlie Hebdo ont fait le tour du monde. Mais Jordi Mir, qui a filmé la scène avant de la publier sur Internet, regrette aujourd'hui son geste.

Les images ont fait le tour du monde : un policier à terre, les bras en l'air, regarde impuissant un homme en noir s'approcher de lui avant de l'abattre de sang-froid. Ces images amateurs, ce sont celles de Jordi Mir, un ingénieur d'une cinquantaine d'années qui vivait à quelques mètres des locaux de Charlie Hebdo. Dans un entretien accordé à l'agence de presse Associated Press (AP) , il raconte la scène et regrette le "réflexe stupide" qui l'a poussé à publier la vidéo sur Facebook.

"J'ai mis la vidéo sur Facebook. C'est mon erreur"

C'est le bruit des coups de feu qui l'a poussé à aller voir à sa fenêtre, téléphone en main, ce qu'il se passait. Là, un homme en noir, armé d'un fusil d'assaut, s'approche d'un policier à terre. Pour Jordi Mir, il s'agit probablement d'un officier venu aider un camarade à terre. Jusqu'au coup de feu. "J'étais complètement paniqué […] Il fallait que j'en parle à quelqu'un, j'étais seul chez moi. J'ai mis la vidéo sur Facebook. C'est mon erreur", se souvient l'ingénieur.

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Rapidement il revient sur sa décision. Au total, les images ne seront restées en ligne qu'un quart d'heure. Peu, mais bien assez pour leur permettre de faire le tour du monde : en l'espace de ces quelques minutes, elles font le tour du réseau social, sont mises en ligne sur Youtube, et achèvent leur course sur toutes les chaînes de télévision du monde.

"J'en suis vraiment désolé"

Jordi Mir ne se remet pas de cette affaire. La famille de la victime, Ahmed Merabet, s'en est prise aux médias qui ont repris les images sans les censurer. "Je trouve ça abject", a notamment déclaré son beau-frère à l'égard du magazine Le Point, dont la une fait polémique."J'en suis vraiment désolé", raconte l'auteur des images à AP. S'il pouvait revenir en arrière, assure-t-il, il ne le referait pas. "Sur Facebook, il n'y a pas de confidentialité. C'est une leçon que j'ai apprise", regrette-t-il.

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