Policier tué à Charlie Hebdo : oubliée d'une cérémonie d'hommage à Marseille, sa veuve estime que ses questions "dérangent"

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POLÉMIQUE - La veuve de Franck Brinsolaro, garde du corps de Charb tué dans l'attentat contre Charlie Hebdo, s'est indignée jeudi qu'elle et sa fille n'aient pas été invitées à l'inauguration d'une place au nom de son mari à Marseille. "Je pense que mes questions, ma plainte dérangent, et ça explique notre absence aujourd’hui", a-t-elle confié à LCI.

C'est une nouvelle blessure pour la veuve du policier tué lors de l'attaque de Charlie Hebdo. Ingrid Brinsolaro et sa fille n'ont pas été conviées à l'inauguration d'une place au nom de Franck Brinsolaro à Marseille. "Je pense que mes questions et ma plainte dérangent, et ça explique notre absence aujourd’hui", s'est-elle agacée au micro de LCI


Rédactrice en chef d'un hebdomadaire à Bernay, en Normandie, Ingrid Brinsolaro est la deuxième épouse du policier, avec lequel elle a eu une petite fille, âgée aujourd'hui de 3 ans. "Ces commémorations en mémoire des victimes sont très bien, cependant on ne peut pas ignorer la vie et les désirs de mon mari", poursuit-elle. Je trouve que cela va à l’encontre de sa mémoire, à l’encontre de tout ce qu’il était. C’est vraiment porter atteinte à sa mémoire que de faire ça". Et cette dernière de préciser : "Franck a une fille. Elle est pupille de la Nation. Il a une fille, une femme. On ne peut pas nous enlever ce qui reste de Franck".


Le 4 janvier dernier, Ingrid Brinsolaro avait déposé plainte contre X pour homicide involontaire. Elle souhaitait ainsi lever le voile sur d’éventuels manquements des services de renseignement. Elle cherche aujourd'hui à savoir pourquoi la sécurité de Charb, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, n'avait pas été renforcée alors qu'il figurait sur la liste de personnes à abattre de l'organisation terroriste al Qaida. "Ils ont sous-estimé la menace, explique-t-elle. Et par souci de petites économies, ils ont envoyé mon mari se faire tuer au côté de toutes ces personnes du journal." Une enquête a été diligentée par le parquet de Paris au sujet de ces interrogations. "A la suite de cette enquête, nous déciderons de nous constituer ou non partie civile", a expliqué son avocat Me Stepniewski.

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Déjà, en octobre 2015, le ministère des Affaires étrangères avait donné le nom de Franck Brinsolaro, tué à l'âge de 48 ans, à une salle où sont formés policiers et gendarmes partant en mission à l'étranger (ce qui avait été son cas dans le passé, avant qu'il n'intègre le service de protection rapprochée de personnalités, ndlr). La veuve du policier n'avait pas été conviée non plus à la petite cérémonie qui avait eu lieu à cette occasion, selon son avocat.


L'inauguration doit avoir lieu jeudi après-midi en présence du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et de Philippe Brinsolaro, policier et frère de la victime.

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