Policiers en colère : les rassemblements nocturnes reprennent dans plusieurs villes de France

MOBILISATION - Des centaines de policiers en civil se sont rassemblés dans le calme ce lundi soir à Paris, à la veille d'une manifestation lancée à l'appel d'une intersyndicale. Des manifestations se sont également tenues dans d'autres villes de France, comme à Strasbourg, Forbach, Béthune, Nice ou encore Toulouse.

Après une courte accalmie ce week-end, la colère semble reprendre de plus belle lundi. A Paris, quelques centaines de policiers en civil se sont rassemblés dans le calme sur le terre-plein central de la place de l'Opéra. Cette mobilisation a lieu la veille d'une manifestation prévue devant les palais de justice de France à l'appel d'une intersyndicale. Il s'agit du huitième jour du mouvement de grogne entamé à la suite de l'agression aux cocktails Molotov de quatre de leurs collègues dans l'Essonne.


Les raisons de ce mouvement de colère de la part des policiers sont plurielles. Ils réclament notamment l'amélioration des conditions matérielles d'exercice de leur métier, un assouplissement des règles de la légitime défense ou encore l'instauration de peines plancher pour les agresseurs de membres des forces de l'ordre. Cette dernière mesure créée sous la droite, avait été abrogée sous François Hollande. 

Ce qu'on veut, c'est une présomption de légitime défense pour les policiersGerlove Yokota, policier municipal

Sur place, Gerlove Yokota, policier municipal, est venu soutenir ses collègues de la police nationale : "Il faut bouger cette fichue loi sur la légitime défense, ce qu'on veut c'est une présomption de légitime défense pour les policiers."


Un autre manifestant, qui travaille de nuit en brigade anticriminalité (BAC) dans le Val d'Oise, se dit exaspéré par le "laxisme judiciaire, que ce soit pour les violences contre les policiers, les gendarmes ou les pompiers". "Aujourd'hui, je n'ai pas peur de me faire tirer dessus mais j'ai peur des conséquences judiciaires si je riposte, je suis plus angoissé de savoir si j'ai le droit de sortir mon arme", a ajouté ce gardien de la paix de 32 ans, sous couvert d'anonymat.

Strasbourg, Forbach, Béthune, Nice, Toulouse...

Loin d'avoir eu lieu uniquement à Paris, les manifestations des forces de l'ordre ont fait tache d'huile sur tout le territoire. A Strasbourg, quelque 200 policiers se sont rassemblés place Kléber.  A Forbach (Moselle), environ 130 manifestants ont convergé vers le centre-ville, rapporte le Républicain Lorrain.  A Béthune (Pas-de-Calais), les policiers se sont rendus devant le Tribunal de grande instance (TGI), relate La Voix du Nord sur Twitter. 

A Toulouse, les manifestants ont marché jusqu'aux portes de la préfecture. A Nice, 150 policiers nationaux et municipaux se sont massés place Masséna. Policiers à qui le premier adjoint à la mairie, Christian Estrosi, a signifié son "soutien". 

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Comme depuis le début du mouvement, ce rassemblement n'est pas organisé par les puissants syndicats de policiers. Déjà vendredi et samedi, quelques centaines de policiers avaient défilé dans les rues de Paris. Jeudi soir, plus de 500 policiers avaient manifesté du Trocadéro aux Champs-Elysées avant d'être bloqués à proximité du ministère de l'Intérieur place Beauvau.


Débordés par ce mouvement qui s'est propagé dans toute la France, les syndicats tentent de reprendre la main. Une intersyndicale réunissant la majorité des organisations appelle ainsi tous les mardis à des rassemblements devant les palais de justice, tandis que le syndicat Unité-SGP police FO organise de son côté une "marche de la colère policière et citoyenne" mercredi, jour où François Hollande les recevra.

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