Voies sur berges fermées : moins de pollution sur les quais, mais davantage ailleurs... et pas d'impact "significatif"

Voies sur berges fermées : moins de pollution sur les quais, mais davantage ailleurs... et pas d'impact "significatif"

RAPPORT - La piétonnisation de la rive droite de la Seine, décidée par la maire de Paris Anne Hidalgo, n'a pas eu d'impact "significatif" sur l'exposition de la population à la pollution de l'air, a indiqué lundi Airparif, qui conclut à une amélioration de la qualité de l’air sur les quais au détriment de l’est parisien.

Anti ou pro-voitures à Paris, le rapport va faire des heureux des deux côtés. Parce que chaque camp trouvera de quoi le satisfaire, tout étant une manière de voir les chiffres. L'organisme de surveillance de la qualité de l'air d'Ile-de-France Airparif a dressé le bilan, ce lundi des effets de la piétonnisation de la rive droite de la Seine, décidée par la maire de Paris Anne Hidalgo, à l'automne 2016.

D’après Airparif, cette fermeture n’a pas eu d'impact "significatif" sur l'exposition de la population à la pollution de l'air. Dans un communiqué, l'organisme note en fait deux tendances contradictoires. D’un côté, "une amélioration de la qualité de l'air le long des quais fermés à la circulation" (jusqu’à – 25%). Toutefois, les niveaux de dioxyde d'azote restent malgré tout "au-dessus des valeurs réglementaires comme pour beaucoup d'axes routiers dans l'agglomération parisienne". 

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De l’autre, Airparif note "une dégradation de la qualité de l’air marquée dans l’Est parisien", en sortie de la zone piétonne (jusqu’à + 15 %), au niveau du quai Henri-IV puis le long du quai de Bercy, développe Le Monde, qui a eu accès à l’intégralité du rapport avant sa présentation mercredi. "Cette dégradation est plus limitée (de + 1 % à + 5 %) aux carrefours des quais hauts dont la congestion s’est accrue, et sur les itinéraires de report comme le boulevard Saint-Germain."

Mais de manière générale, "ces impacts ne touchent pas la pollution de fond et restent limités aux abords des axes routiers concernés. De ce fait, aucun impact significatif sur l'exposition des populations n'a été mis en évidence à la hausse ou à la baisse", estime l'organisme. Airparif s'appuie notamment pour son évaluation sur deux campagnes de mesures, une hivernale et une estivale. La campagne hivernale, dont les résultats avaient été dévoilés en mars, dressait peu ou prou les mêmes conclusions.

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La mairie a donc salué le fait que "la piétonnisation de la rive droite n’a pas eu d’effet négatif sur la qualité de l’air" et qu'"au contraire, les niveaux de pollution dans la zone concernée ont baissé jusqu’à 25%". "C’est une bonne nouvelle, qui confirme une fois de plus que le parc Rives de Seine constitue un vrai espace de respiration pour les Parisiens et les visiteurs", s'est réjoui dans un communiqué Christophe Najdovski, adjoint en charge des transports. Evoquant la hausse de la pollution à proximité des voies sur berge piétonnisées Christophe Najdovski souligne qu'elle reste "très localisée".

"Néanmoins, nous ne nous en satisfaisons pas. Nous renouvelons notre proposition de créer un bus à haut niveau de service sur les quais hauts. Paris est prête à conduire les aménagements de voirie nécessaires, mais Valérie Pécresse (la présidente LR de la région, ndlr) et le Conseil régional, en charge des transports en commun, doivent confirmer qu’ils prendront bien leur part dans ce projet", ajoute-t-il. 

Voulue pour lutter contre la pollution de l'air et redonner aux piétons et vélos l'usage de ces berges de la Seine, la fermeture de la voie Georges-Pompidou, très contestée, interdit depuis l'automne 2016 aux voitures 3,3 km du quai bas le long de la Seine, de l'entrée du tunnel des Tuileries (Ier arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (IVe). Selon Airparif, 77,7 milliards de kilomètres sont parcourus chaque année en Ile-de-France et la voie Georges-Pompidou "représente 0,16% du kilométrage francilien".

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