À Paris, le temps des voitures est désormais compté

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PANNE SÈCHE - Réduction des voies, disparition de places de parking, vignette Crit'Air obligatoire... Anne Hidalgo, durant ses vœux à la presse début janvier, a expliqué vouloir réduire par deux le nombre de voitures circulant dans la capitale.

Paris, ses quais, ses musées... et ses voitures. Chaque jour, elles sont des centaines de milliers à traverser la capitale. Mais pour combien de temps encore ? Les chiffres ne mentent pas : ces dix dernières années, le nombre d'automobiles sur les routes de Paris a baissé de 30%. Une tendance qui, au regard des récentes réformes adoptées et celles à venir, n'est pas prête de s'inverser. 


De l'instauration de la vignette Crit'Air - obligatoire depuis le 15 janvier pour circuler dans la ville - en passant par la suppression de de voies de circulation afin d'y installer un tram-bus électrique reliant l'Hôtel de Ville au parc de Saint-Cloud (le fameux bus en "site-propre") ou encore la multiplication des zones piétonnes, force est de constater que la voiture n'est plus en odeur de sainteté dans la capitale.  

Réduire par deux leur nombre : c'est là l'objectif affiché par la mairesse Anne Hidalgo qui mène, tambour battant, une véritable guerre contre la pollution dans la ville. Le tout avec, en ligne de mire, la circulation automobile. Amendes doublées en cas de non-paiement de parcmètres, espaces de circulation réduits, interdiction des vieilles voitures, la mairie ne cache rien de ses intentions. "Paris est une ville dans laquelle je souhaite diviser par deux le nombre des voitures polluantes et on va actionner tous les leviers", a promis Anne Hidalgo durant ses voeux à la presse.  Et un simple coup d'oeil sur son compte Twitter, largement alimenté sur le sujet, suffit à se convaincre qu'il ne s'agissait pas de paroles en l'air : 

A Paris, on s'adapte, en Ile-de-France, on fait avec

Ces mesures, rappelle encore l'élue, loin de viser à paralyser les déplacements dans Paris, visent avant tour à endiguer la pollution de l'air responsable de "40.000 morts par an à cause des dégâts des particules fines dans les poumons, le coeur, et le cerveau". Argument imparable s'il en est. Mais qu'en pensent, dans les faits, les principaux concernés ? Pascal, par exemple, expliqueavoir tout bonnement" abandonné le volant" en se séparant de sa voiture, l'été dernier. Comme 70% des Parisiens, il utilise désormais les transports en commun pour se rendre au travail. Et pour le reste, il s'adapte : "Les courses, ont se les fait livrer, pour les vacances, on loue un véhicule", affirme-t-il. 


Du côté des Franciliens en revanche, difficile de faire une croix aussi facilement sur la voiture. Christian, chef d'entreprise dans le secteur du bâtiment, travaille à Paris mais habite un département voisin. Et comme 500.000 personnes chaque jour, il rejoint la capitale au volant de son automobile. Et ce n'est sûrement pas par gaieté de coeur lorsque l'ont sait que, depuis 15 ans, 20.000 places de parking ont disparu du paysage parisien ! 


Et si tout le monde ne peut être que d'accord lorsqu'il s'agit de réduire la pollution, quelles solutions concrètes envisager pour la proche et lointaine banlieue qui ne peut que difficilement se passer de la voiture pour rejoindre Paris ? Si sur le court terme la question reste épineuse, une solution se profile à l'horizon... à condition de prendre son mal en patience. Un nouveau réseau de métro est en construction : le Grand Paris Express. Au total, 200 km de lignes qui couvriront deux fois plus de zones qu'aujourd'hui. Mais le projet ne sera pas achevé... avant 2030. 

En vidéo

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